VENTE AUX ENCHERES DE CADEAUX DE NOËL SOLIDAIRES pour le GAMS #stopexcision

VENTE AUX ENCHERES DE CADEAUX DE NOËL SOLIDAIRES pour la Campagne du GAMS #stopexcision pour que nos #NosFillesNeSoientPasExcisées !

PREMIER CADEAU SOLIDAIRE MIS A PRIX AUX ENCHÈRES 35 €

Premier objet de vente solidaire pour le GAMS #stopexcision#NosFillesNeSerontPasExcisées
Cadeau de Noël , petit plaisir à s’offrir, longueur environ 48 cm. Perles transformables pour bijoux artistes/plasticiennes. Amoureuses et amoureux de l’Afrique… Première mise à prix 35 €. Vous avez jusqu’au jeudi 22 novembre minuit pour proposer une meilleure mise ! (MP ou contact@federationgams.org). Tous modes de paiement (espèces, chèque, carte bleue). Port offert !

 

Que des gagnant.e.s ! Même si vous ne remportez pas l’objet convoité aux enchères de la semaine (frais de port offert), si vous adhérez ou faites un don (un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, …) jusqu’au 31/12/2018 minuit, ils sont défiscalisés !

Pour tout achat solidaire, adhésion ou don, le GAMS vous offre gracieusement : une inscription gratuite à son infolettre mensuelle et un magnifique Wonder-Clito, quelque soit le montant versé au GAMS pour que #NosFillesNeSoientPasExcisées !


Au-delà de 150 € (dans la limite des stocks disponibles), un jeu de 4 cartes postales extraites de l’ouvrage « Nos filles ne seront pas excisées » ©Emmanuelle BARBARAS, Photographe vous sera également adressé par voie postale.


PREMIER CADEAU SURPRISE mis aux enchères sur les réseaux sociaux , par courriels et Infolettre, le vendredi 16 novembre prochain !

Bien sûr cela est complètement anonyme, vous pouvez répondre par message privé (réseaux sociaux), ou par courriel à contact@federationgams.org


Pour adhérer et/ou faire un don, cliquez ici http://federationgams.org/nous-soutenir/

 


Gala de bienfaisance organisée par « Les Férus de Voile et Moteur » au profit du GAMS #Palavas-les-Flots 

Première soirée de Gala de bienfaisance organisée par l’association Palavasienne Les Férus de Voile et Moteur au profit de la Fédération nationale GAMS.

Tout au long de l’année, l’équipage féminin, de l’association Des Voiles & Femmes, a participé aux régates organisées par différents Clubs Nautiques.

Grâce à leurs participations et à leur sponsor Oxylio , elles ont collecté des fonds à destination d’une association qui oeuvre contre les violences faites aux femmes, aux adolescentes et aux fillettes.

Cette soirée de gala sera l’occasion de se retrouver autour d’un cocktail dînatoire musical, de partager les moments en mer de l’équipage féminin Des Voiles & Femmes, de participer à une vente aux enchères et de remettre le chèque de leur contribution à la fédération GAMS par leur sponsor Oxylio sans qui rien n’aurait pu se faire.

Espérant pouvoir vous compter parmi nos invité.e.s.

Merci de vous inscrire via le lien ci-dessous afin de confirmer votre présence. Une tenue de soirée est recommandée.

https://docs.google.com/forms/d/1IovFWg2pFzdh5UdG39vXR8um1_qhgL9-kJomDs1eH2I/edit

Marine Gatineau, Présidente des « Férus de Voile et Moteur », tient également  à remercier la ville de Palavas-Les-Flots pour son aide et accompagnement au quotidien.

Plus d’information http://www.lesferusdevoileetmoteur.fr

 

 


Les mutilations sexuelles, le poids de la tradition ? – Table-ronde Strasbourg – 16 octobre 2018

Les mutilations sexuelles, le poids de la tradition ?

Table ronde : Docteur Olivier Garbin, gynécologue-obstétricien, chef de service, CMCO Strasbourg, Président du Groupe Alsacien de Lutte Contre l’Excision et les mutilations génitales féminines (GALCE) / Madame Isabelle Gillette-Faye, sociologue et directrice générale de la Fédération Nationale Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles, des Mariages Forcés (GAMS) à Paris / Madame Linda Weil-Curiel avocate de la Commission pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles (CAMS) / Médiatrice : Madame Nicole Greib, Présidente du Planning Familial 67 –  16 octobre 2018

Chaque année environ 3 millions de petites filles et de jeunes femmes sont victimes de mutilations sexuelles, entrainant des conséquences physiques et psychiques lourdes. Les raisons évoquées pour justifier ce geste sont multiples, bien que l’argument principal soit la coutume.

La tradition suffit-elle à justifier une telle violence ? L’excision est aujourd’hui une pratique réprimée par de nombreux Etats à travers le monde dans lesquels elles continuent d’exister.

Quels moyens pour lutter contre cette pratique ?

Evènement organisé en partenariat avec la Médiathèque Olympe de Gouges et le Service droits des femmes et égalité de genre de la Ville et Eurométropole de Strasbourg dans le cadre de l’exposition « Vodou au Féminin » du Château Vodou. Plus d’infos : http://www.chateau-vodou.com/fr/chateau-musee-vodou-strasbourg/



Opinion : Comment éradiquer la pratique de l’excision à zéro franc en cinq ans #Burkina-Faso

Point de vue • mercredi 3 octobre 2018 à 18h07min http://lefaso.net/spip.php?article85740

Dans la vie en général et dans toute lutte en particulier, il faut avoir soit du muscle, soit de l’intelligence. En d’autres termes, soit on dispose de suffisamment d’argent pour organiser des ateliers, des conférences, des campagnes de sensibilisation, payer des vélos pour des indicateurs pendant plusieurs décennies pour des résultats mitigés, soit on dispose de peu d’argent et on met à contribution la raison pour atteindre les objectifs fixés.

Opinion : Comment éradiquer la pratique de l’excision à zéro franc en cinq ansDans cette logique, pourquoi doit-on faire appel à la raison et comment peut-on par l’intelligence atteindre les objectifs fixés et à moindre coût ? En effet, depuis l’avènement de la révolution démocratique et populaire en 1983, plusieurs déclarations fortes de personnalités de premier rang ont jalonné toute l’étendue du territoire en faveur de l’élimination de l’excision. Il s’en est suivi une lutte sans merci contre la pratique de l’excision qui a entrainé plusieurs exciseuses et parents de filles en prison sans que ces derniers ne comprennent véritablement la portée de la mesure. En effet, il semblait difficile pour des personnes d’un grand âge, peu instruites de faire la distinction entre la circoncision toujours autorisée chez le garçon et l’excision interdite chez la fille, puisque les thèses d’antant n’arrivaient pas à les convaincre.

Cependant, cette lutte aboutira à la création du SP/CNLE en 1990 et à l’adoption de la loi anti-excision le 13 novembre 1996. 
Depuis lors, des activités favorables diversifiées conduites par les Premières Dames et les Ministres en charge de la Santé et du Social ont produit les résultats que nous connaissons aujourd’hui.

C’est dans cette situation complexe que nous avons appris avec consternation l’excision d’une quarantaine de filles à Toudbwéogo à environ seulement 5 kilomètres du SP/CNLE et une dizaine de filles à Kaya au cours de la semaine du 10 au 16 septembre dernier. Au total, une cinquantaine de victimes connues en une semaine, et combien d’autres filles à Ouagadougou, dans les autres villes et villages auraient subi cette pratique horrible clandestinement dans la même semaine ? paradoxalement, de grandes personnalités, instruites, soi-disant éclairées, ont envoyé leurs filles dans leurs villages dans des voitures climatisées se faire exciser sans nul doute à leur demande au vu et au su des populations résignées.

Devant ce paradoxe, comment peut-on éradiquer ce fléau avec une économie de moyens, d’énergie et de temps ? Cela ne sera possible seulement qu’avec une volonté politique soutenue et une application rigoureuse et impartiale du projet de loi que nous vous proposons car selon un adage moaga « le couteau coupe d’abord son fourreau avant de couper autrui ». C’est ainsi donc que nous soumettons au législateur, un possible projet de loi qui devrait permettre d’éradiquer inexorablement la pratique en 5 ans. En voici la substance :

Après l’adoption de cette loi qui préconise que :

Le Président du Faso, les Présidents d’institutions, les Honorables députés, les Ministres, les Conseillers régionaux, les Maires, les Gouverneurs, les Haut-Commissaires, les Préfets, les Présidents et Procureurs des tribunaux et cours, les Directeurs généraux des SE et des EPE, les Directeurs régionaux, les Chefs militaires et paramilitaires, les Directeurs de projets et programmes devront présenter un certificat de visite et contre-visite médicale de leurs filles nées ou susceptibles d’être excisées après l’adoption de la loi du 13 novembre 1996. En effet, ceux qui conçoivent, qui diffusent la loi doivent la respecter pour que celle-ci puisse être respectée par les profanes. En conséquence, tous ceux ou toutes celles dont les filles auront été victimes perdent automatiquement leurs mandats ou leurs postes avec publication de leurs noms au Journal officiel du Faso. Dans la même logique, tous les grands chefs d’entreprises ou grands commerçants qui voudront soumissionner pour des marchés publics devront présenter le même certificat.

Dorénavant, les dossiers de candidature à la magistrature suprême, à la législature, aux Conseils municipaux, aux Directions générales devront comporter un certificat de visite et de contre-visite dont les modalités pratiques seront convenues après l’adoption de la loi. Désormais, les Conseillers municipaux et/ou les députés, œuvrant de concert avec les chefs de villages devront dénoncer toutes velléités d’excision qu’ils n’arriveront pas eux même à empêcher. La non-dénonciation conduira automatiquement à la perte du mandat.

Dans la même logique, une formule de portée générale doit être trouvée pour que la République ne fasse plus honneur par des décorations ou autres distinctions à des parents dont les filles ont été excisées.

Toutefois les dîmas ou d’autres dignitaires dont le respect des coutumes exige que la première fille soit une exception aura une autorisation spéciale pour le respect des coutumes.

NB : 
1. Tout médecin ou professionnel de santé qui délivre un certificat complaisant sera radié de son ordre avec interdiction définitive d’exercer le métier.

2. Le SP/CNLE devient le Conseil national de l’observance de l’application de la loi.

SEDEGO Hamado Jérémie
Kinésithérapeute/ Cadre de Santé



Ces enfants mineurs qui arrivent mariés en Suisse et qui le restent

En 2017, 107 cas de mariages forcés de mineurs ont été répertoriés par le centre de compétences national.(Allison Joyce / Getty Images)

Les mariages impliquant des mineurs doivent être annulés, prévoit la loi suisse. Des dérogations sont toutefois admises au nom de «l’intérêt supérieur de l’enfant». Une disposition qui doit être supprimée pour lutter plus efficacement contre les mariages forcés, estime la juriste Anu Sivaganesan.

Si une jeune fille ou un garçon de 16 ans arrive en Suisse en étant marié/e, le mariage peut être reconnu à la suite d’une pesée d’intérêts. En effet, l’article 105 chiffre 6 du Code civil prévoit que le mariage d’un mineur doit être annulé, «à moins que son intérêt supérieur ne commande de maintenir le mariage».

Anu Sivaganesan
Juriste de formation, Anu Sivaganesan dirige le centre suisse de compétence pour la lutte contre les mariages forcés.(© Christian Schnur)

Une motion Lien externe de la députée de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) Natalie Rickli demande la suppression de la possibilité de faire des exceptions. Une revendication soutenue par le service national contre les mariages forcés Lien externe. Depuis plusieurs années, sa présidente Anu Sivaganesan dénonce une lacune de la loi.

swissinfo.ch.: Pour quelles raisons la législation sur les mariages de mineurs doit-elle être modifiées?

Anu Sivaganesan: Lors de la pesée d’intérêts, prévue par l’article de loi, des considérations culturelles sont souvent invoquées. Une éventuelle grossesse de la jeune fille mineure peut aussi être prise en compte. De cette façon, la situation juridique est interprétée au détriment des mineurs concernés, en justifiant le maintien de l’union par des motifs traditionalistes et conservateurs.

En Suisse, une jeune femme de 16 ans qui tombe enceinte n’est pas autorisée à se marier. En revanche, si le mariage a été conclu à l’étranger, la loi considère qu’il peut être dans son intérêt de ne pas l’annuler. Ceci est contradictoire. Les mariages d’enfants ne doivent pas être autorisés que ce soit en en Suisse ou à l’étranger. Il faut accorder plus d’importance au bien-être et à la protection de l’enfant qu’à un soi-disant respect des traditions.

«Des mariages de mineurs sont légitimés a posteriori.»
Anu Sivaganesan

Fin de la citation

swissinfo.ch: Ces situations constituent-elles vraiment un problème en terres helvétiques ou sont-elles marginales?

A.S.: Non seulement les mariages d’enfants sont un problème d’actualité, mais il s’est aussi aggravé au cours des dernières années. Parfois ils se déroulent à l’étranger, d’autres fois sur sol suisse au travers de cérémonies religieuses. En 2017, 161 mineurs sont arrivés déjà mariés en Suisse, selon le Secrétariat d’Etat aux migrations Lien externe.

En 2012 déjà, une étude Lien externe de la Confédération sur les mariages forcés en Suisse a montré que 27% des cas concernaient des mineurs. Parmi eux se trouvent également des enfants de moins de 16 ans, qui n’ont pas encore atteint la majorité sexuelle (âge de protection). Nous nous étonnons qu’en dépit de cette étude, la notion de pesée des intérêts ait été maintenue dans la loi.

Depuis 2016, notre service de consultation est de plus en plus sollicité. En 2016, 112 cas de mariages forcés sur 311 concernaient des mineurs. En 2017, 107 sur 316. Et les enfants de moins de 16 ans sont de plus en plus souvent touchés.

swissinfo.ch: Dans la pratique, y a-t-il en Suisse des mariages de mineurs qui ne sont pas annulés?

A.S.: Malheureusement, de nombreux mariages d’enfants conclus à l’étranger ne sont pas annulés et ne sont même pas portés devant les tribunaux. De nombreuses personnes qui travaillent dans le domaine de l’asile ou dans les bureaux d’Etat civil peuvent témoigner du fait que la pondération des intérêts n’est pas concrétisée dans la pratique. Lorsqu’elles signalent correctement un cas à la justice, le traitement de l’affaire prend parfois tellement de temps que les personnes concernées atteignent l’âge de 18 ans. Par conséquent, les cas ne sont même pas signalés. La Suisse prend en compte l’âge des époux au moment où elle examine la reconnaissance du mariage et non pas celui qu’ils avaient au moment où l’union a été conclue. De cette façon, des mariages de mineurs sont légitimés a posteriori.

swissinfo.ch: Comment peut-on lutter plus efficacement contre ce phénomène?

A.S.: Beaucoup de choses pourraient encore être améliorées. Les fiançailles de personnes mineures sont, par exemple, toujours autorisées en Suisse. Elles ne constituent pas un engagement légal mais peuvent obliger des mineurs à s’engager dans une relation et à se marier plus tard, conformément à la norme d’un environnement traditionaliste-conservateur. La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant de 1990 Lien externe (qui joue un rôle pionnier en matière de droits de l’enfant) définit les promesses en mariage de jeunes filles ou garçons comme une pratique sociale et culturelle néfaste. Cela devrait donc être interdit en Suisse aussi.

41’000 enfants mariés de force chaque jour

La plupart des pays ont fixé à 18 ans la limite pour pouvoir se marier. Toutefois, selon un rapport Lien externe de l’Unicef publié en 2014, 15 millions de jeunes filles mineures sont contraintes de se marier chaque année. Cela représente environ 41’000 enfants par jour.

Le phénomène se produit notamment dans les pays d’Asie du Sud, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine. Au Niger, 77% des femmes âgées de 20 à 49 ans se sont mariées avant leurs dix-huit ans. Au Bangladesh, environ 40% des filles sont mariées avant leurs 15 ans, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies établi en 2017.

L’Unicef énumère trois raisons principales pour lesquelles les parents décident de marier leur fille:

– leur présence à la maison est un fardeau économique.

–  le mariage est considéré comme une forme de protection contre les risques d’abus sexuels.

–  ils souhaitent éviter le risque de grossesse non désirée qui compromettrait un futur mariage.


TABLE RONDE : Les mutilations sexuelles, le poids de la tradition ? #Strasbourg #16octobre #18h00

Musée Vodou > Actualités > TABLE RONDE : Les mutilations sexuelles, le poids de la tradition ?

Mardi 16 octobre à 18H

À la Médiathèque Olympe de Gouges de Strasbourg.

Dans le cadre de l’exposition « Vodou au Féminin » l’équipe du Château Vodou a souhaité proposer plusieurs conférences sur la thématique de la femme en Afrique de l’Ouest. Retrouvez plus d’informations sur la

Le descriptif complet ici :

Société – Ndèye Fatou Kane : « L’Afrique a compté des féministes avant l’heure »

ENTRETIEN. Engagée dans le sillage des campagnes mondiales « Balance ton porc », l’écrivaine sénégalaise inscrit sa réflexion féministe dans l’histoire même du continent. Rencontre.
PROPOS RECUEILLIS PAR 
Publié le  – Modifié le  | Le Point Afrique goo.gl/uTiqqL

Quel est le lien entre Simone de Beauvoir, Chimamanda Ngozi Adichie et Awa Thiam Mariama Bâ ? La défense de la cause des femmes, mais chacune à sa manière. Dans Vous avez dit féministe ? (L’Harmattan, 2018), la romancière Ndèye Fatou Kane, 31 ans, les met en scène tant pour exposer leurs points de vue que pour répondre à ses propres questions, à elle, la Hal-pulaar sénégalaise, femme et de la génération Y. Devenue un poil à gratter de la société sénégalaise et dans une certaine mesure de l’Afrique de l’Ouest, elle a, il est vrai, de qui tenir : elle est la petite-fille de Cheikh Hamidou Kane, l’auteur de L’Aventure ambiguë (Julliard, 1961). En 2014, elle publie chez L’Harmattan son premier roman, Le Malheur de vivre, suivi deux ans plus tard par Franklin, l’insoumis (La Doxa) et Vous avez dit féministe ?, un pamphlet dans lequel elle exhume les grandes figures du féminisme, de l’Europe au Nigeria, en passant par la Coordination des femmes noires à la fin des années 1970, fondée par la Sénégalaise Awa Thiam, l’auteur de La Parole aux négresses… Elle y réfléchit sur « l’afro-féminisme », le « happy feminism », la « misogynie », le « genre, », etc. Ce qu’elle a découvert ? Que depuis longtemps, des Africaines combattent pour faire reconnaître leurs droits de femmes, et ce bien qu’elles soient marginalisées dans les mouvements féministes et mises à l’index dans leurs propres communautés pour leur supposée déloyauté. Elle s’est confiée au Point Afrique.

Le Point Afrique : le terme « féministe » a-t-il un sens en Afrique ?

Ndèye Fatou Kane : L’Afrique est un continent aux expériences politiques, historiques et culturelles diverses, et donc aux réalités féministes tout aussi variées. Je me limiterai plus spécifiquement à l’Afrique de l’Ouest et au Sénégal où je vis et mène l’essentiel de mes recherches. Ceci étant, c’est une réalité : dans toutes les nations africaines, les femmes ont joué un rôle majeur ; elles ont activement pris part aux luttes de libération et aux mouvements pour le changement social, même si la plupart ne se sont jamais réclamées du féminisme au sens où on l’entend en Occident. Cheikh Anta Diop, dans L’Unité culturelle de l’Afrique noire, affirme que les sociétés africaines étaient essentiellement matriarcales : les femmes avaient le pouvoir politique, économique et aussi religieux. Dans les sociétés Lébous au Sénégal, une des sociétés traditionnelles de pêcheurs, ce sont elles qui prennent les décisions. Lorsque les Français sont arrivés au Sénégal en 1855 pour le coloniser, la première force de résistance qu’ils ont rencontrée est une femme, la reine mère Ndaté Yalla Mboj qui gouvernait le royaume Waalo. En ces temps-là, les femmes étaient formées aux métiers des armes et préparées à prendre la relève pour défendre le pays en l’absence des hommes. Les souverains sénégalais des Royaumes wolofs portaient le titre de « Brack », et leurs mères ou leurs sœurs étaient appelées « Linguères ». Elles pouvaient leur succéder et certaines dirigeaient elles-mêmes leur armée. C’étaient des guerrières, tout comme les Amazones de l’ancien royaume du Dahomey. Et on remarque que les récits de guerrières, reines ou chefs de clans ne manquent pas dans le continent.

 © Blanchetti / Leemage
Nzinga Mbandi, guerrière indétrônable, a régné quarante ans sur l’actuel Angola. © Blanchetti / Leemage


Ensuite, il y a eu la colonisation et l’arrivée des religions dites révélées…

Avec l’évolution des sociétés, l’importation des monothéismes, notamment de l’islam, ainsi que la colonisation, le pouvoir a basculé du côté des hommes. Aujourd’hui, ce matriarcat subsiste quelque peu dans certaines sociétés, chez les Touareg ou les Bamilékés de l’ouest du Cameroun. Là, les souverains sont toujours issus de la branche maternelle, par matrilinéarité.

Comment expliquez-vous que le continent ait compté autant de femmes de pouvoir, « reines », « guerrières », etc., souvent décrites comme « sanguinaires », « méchantes »…

Ce sont les sociétés africaines qui leur ont donné ce pouvoir. Mais j’ai un problème avec les appellations « reines », « guerrières », car cela sous-entend qu’elles ont une part de masculinité en elles. Il faut toujours qu’on ramène sur le devant de la scène leur part de masculinité pour pouvoir mieux les accepter. Or, elles peuvent être à la fois féminines et fortes. Je pense à Aline Sitoé Diatta, héroïne de la résistance anticolonialiste en Casamance, au Sénégal. On disait qu’elle était comme un homme, qu’elle s’entrainait comme les hommes. J’ai l’impression que pour être acceptéees, et pour dire qu’elles ont fait de grandes choses, il faut qu’elles soient tout le temps comparées aux hommes.

Faut-il différencier les combats que mènent ces «  féministes  » à travers le continent ?

Il existe des différences, même si certaines causes se rejoignent. Au Sénégal, les femmes se sont fait connaître de plus en plus dans les années post-indépendances, les années 60-70. On appelle cette période l’âge d’or du féminisme, car on a vu l’émergence des premières femmes féministes, telles que Marie-Angélique Savané, Awa Sarr ou Fatou Sow. Leurs combats portaient sur l’autonomisation des femmes et le maintien des filles à l’école. Dans d’autres pays, on a privilégié la possibilité de travailler ou de voter. Les causes sont nombreuses et variées, mais l’objectif à atteindre est le même : celui de voir les femmes plus libres, plus émancipées.

 © Photographie d'Edouard Joubeaud
En 1979, Mariama Bâ publie son premier roman « Une si longue lettre » aux Nouvelles Éditions Africaines. Dans ce roman épistolaire, Ramatoulaye, récemment veuve, écrit une lettre à sa meilleure amie, Aïssatou. Elle y évoque ses conditions de femme, d’épouse, de mère, celles de son amie à qui son mari impose une seconde épouse et qui choisit de le quitter ; autant de sujets qui sont chers à l’écrivaine. © Photographie d’Edouard Joubeaud


Pensez-vous que les luttes d’une femme « noire », ou d’une Africaine sont les mêmes que celles d’une Européenne, d’une Américaine ou d’une Asiatique ?

Ce n’est pas les mêmes objectifs. Les Européennes ont au moins cinquante ans d’avance même si elles se battent encore aujourd’hui. Chez nous, il y a tout à faire. Aujourd’hui, on ne peut pas avoir les mêmes combats. Si une femme se fait violer à Paris, bien sûr que je suis solidaire, mais je pense quand même que nous avons des urgences sur les plans éducatifs, scolaires, des droits de base, etc. Sur ces sujets, les Occidentales sont déjà bien plus avancées que nous.

Mais quels points communs entre Simone de Beauvoir et Mariama Bâ ou encore Chimamanda Ngozie Adichie ?

Elles ont été courageuses. Beauvoir n’a ni les mêmes références ni la même culture que les femmes africaines, mais elle est incontournable. Elle venait d’une famille bourgeoise, ancrée dans ses traditions, elle a étudié, été une femme qui écrit. Ce n’était pas évident pour elle. Il lui a fallu beaucoup de courage, j’admire cela, bien que je ne partage pas toutes ses positions notamment sur la féminité ou le mariage.

* Ndèye Fatou Kane vient de publier « Vous avez dit féministe ? » (L’Harmattan, 2018), un court essai suivi d’une fiction intitulée «  (In) certitudes » .


Mariages arrangés, mariages forcés ? « 7 milliards de voisin.e.s » RFI

Vidéos

Retrouvez Emmanuelle Bastide pour son émission « 7 milliards de voisins » sur Rfi, 

Y-a-t-il une différence entre un mariage forcé et un mariage arrangé ? Ecoutez la réponse de Isabelle Gillette-Faye, sociologue et directrice générale du GAMS.
Considéré comme une atteinte aux droits de l’Homme par l’ONU, le mariage forcé concerne principalement des jeunes de moins de 18 ans. Dans le monde, ce seraient près de 700 000 millions de femmes et 150 000 millions d’hommes qui ont été mariés de force selon une estimation de l’ONU. Si la prévalence du mariage précoce recule, encore 12 millions de fillettes ont été mariées cette année. Quelle distinction entre les mariages arrangés et les mariages forcés ? Quels sont les pays les plus touchés ? Comment permettre aux filles et aux garçons de dire non ?
Retrouvez Emmanuelle Bastide pour son émission « 7 milliards de voisins » sur Rfi, en compagnie de ses invités :
– Ingrid Therwath, journaliste à Courrier International, spécialiste de l’Inde et co-auteur du livre « Etre jeune en Asie : Chine, Inde, Japon » aux éditions Philippe Picquier
– Christine-Sarah Jama, juriste de l’association voix de femmes-SOS mariage forcé
– Isabelle Gillette-Faye, sociologue et directrice générale du Groupe femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles – GAMS.
Vous pourrez également entendre un reportage au Liban de Nicolas Feldmann : Elle souhaite qu’on l’appelle Fatmé, elle vient du sud du Liban. Elle avait 15 ans lorsqu’elle a épousé un homme de 29 ans. Après dix ans de mariage et deux enfants avec lui, elle vient tout juste de se séparer.
Pour écouter l’émission dans son intégralité, c’est ici : http://www.rfi.fr/emission/20180911-mariages-arranges-mariages-forces-comment-finir