Fatoumata Diawara © Aida Muluneh

MUSIQUE – FATOUMATA DIAWARA, LA VOIX DE CELLES ET CEUX QUI N’EN ONT PAS

Sept ans après Fatou, l’actrice et chanteuse malienne Fatoumata Diawara sortira Fenfo, son deuxième album, le 25 mai. De sa naissance en Côte d’Ivoire à ce nouvel Lp qu’elle a coréalisé avec Matthieu Chedid, celle que l’on aussi bien vu à l’affiche de Timbuktu qu’aux côtés de Damon Albarn revient sur son incroyable parcours artistique et son engagement de chaque instant.
© Aida Muluneh

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Si ça ne te dérange pas je vais remettre mes lunettes, car mes yeux parlent trop.Fatoumata Diawara est assise face à nous, ses jambes démesurées étendues sur le canapé en velours de sa maison de disques. On se sent ici chez elle, chez nous, en toute intimité dans cette salle aux volumes pourtant généreux. Les lunettes de soleil protègent peut-être les yeux de bavardages intempestifs, mais la bouche en dit déjà long. Fatoumata Diawara n’est pas avare de mots lorsqu’il s’agit d’évoquer son nouvel album, Fenfo, ou sa vie, une folle aventure débutée un jour de 1982 en Côte d’Ivoire. Elle y a été élevée jusqu’à ses 10 ans, avant d’être “donnée” à sa tante au Mali. Cette adoption à laquelle elle n’a “rien compris” est intervenue à la suite d’un traumatisme, qui a changé l’enfant qu’elle était à tout jamais: après avoir perdu un grand frère, Fatoumata Diawara avait 8 ans quand sa sœur aînée, son “repère”, est décédée à son tour, soudainement. “Un jour elle a eu mal au ventre et le lendemain, elle est morte. Je n’ai jamais su de quoi”, se souvient l’artiste.

 

 

Deux “papas”, pas de “maman”

Cette grande sœur adorée, si elle avait vécu, aurait peut-être été le modèle féminin qui a tant manqué à Fatoumata Diawara dans son enfance et son adolescence. Demander à la musicienne quelles femmes ont compté dans sa construction est un peu, pour elle, source d’embarras. Car son engagement pour les femmes est aussi réel que leur présence bienveillante à ses côtés a été inexistante. Hésitante, elle livre son histoire personnelle en espérant qu’elle ne jettera pas d’ombre sur son travail de militante, elle qui chante jusque dans les villages maliens reculés les fléaux de l’excision et des mariages forcés. “J’ai été battue par ma tante pendant plusieurs années de ma vie. Des coups très forts, je suis une survivante”, affirme-t-elle.

Chez moi, partir, ça ne se fait pas, c’est comme tourner le dos à sa famille. Je n’ai jamais vu quelqu’un faire ça.

Son salut, Fatoumata Diawara le doit d’abord aux hommes. Plusieurs d’entre eux sont même devenus des “papas”, des familles de substitution monoparentales à eux tout seuls. Le premier, Jean-Luc Courcoult, est le fondateur de la compagnie de théâtre de rue nantaise Royal de Luxe. Il a repéré Fatoumata Diawara lors d’une audition au Mali et a tout de suite jeté son dévolu sur la jeune comédienne. Âgée de 18 ans à l’époque, Fatoumata Diawara était alors promise à son cousin, avec lequel elle devait se marier de façon imminente. Enfant star du cinéma malien, danseuse dans la troupe de son père dès sa plus tendre enfance, invitée à fouler les marches du festival de Cannes à 15 ans pour son rôle dans La Genèse de Cheick Oumar Sissoko -un autre de ses “papas”-, l’actrice était presque résignée: “Je savais que c’était la fin de ma carrière, je n’avais aucune porte de sortie, toutes mes cousines y étaient passées”, se remémore-t-elle. Mais Jean-Luc Courcoult, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Après avoir essayé en vain de convaincre la tante abusive d’emmener sa nièce avec lui et de la scolariser, il délivre à Fatoumata Diawara un message décisif: “Il m’a fait comprendre que si je voulais devenir quelqu’un, je devais prendre ma vie en mains, que personne ne le ferait à ma place.

Fatoumata Diawara © Aida Muluneh

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Renaissance

Reçu cinq sur le cinq, le conseil va pousser la jeune artiste à prendre la décision la plus difficile et aventureuse de sa vie: s’enfuir. Aidée par des amis pour obtenir ses papiers, Fatoumata Diawara quitte un soir le domicile de sa tante, direction le Vietnam, où elle rejoint la tournée de Royal de Luxe qui débute. “Chez moi, partir, ça ne se fait pas, c’est comme tourner le dos à sa famille. Je n’ai jamais vu quelqu’un faire ça. J’allais vers l’inconnu, mais c’était une renaissance”, dit-elle. S’il est incontestable que Fatoumata Diawara a toujours eu une bonne étoile pour la guider -musulmane et croyante, elle préfère appeler ça “le seigneur”-, elle possède aussi un tempérament hors normes qui lui a permis de se relever après chaque mauvais tour de la vie. Mais aussi de faire les bons choix, elle qui a été très tôt regardée par les hommes et entourés par eux.

Maintenant que j’ai réussi mon émancipation, que j’ai obtenu ma liberté à pouvoir m’exprimer, je ne peux pas continuer à penser qu’à moi. Il faut que j’aide les autres à sortir de là.

Lorsqu’on évoque #MeToo et les expériences destructrices de certaines actrices, Fatoumata Diawara considère que ses décisions lui ont toujours appartenu, au risque de livrer une vision manichéenne de la situation: “Il y avait le mal et le bien là-dedans, c’était à moi de choisir le bien. Mais je connais beaucoup de femmes qui se seraient perdues dans toutes ces perturbations.” Sa force, elle l’attribue paradoxalement à sa sensibilité d’artiste, elle qui écrit, compose et arrange ses chansons toute seule: “Pour moi, force et sensibilité sont la même énergie. C’est ta sensibilité qui te pousse à pleurer, mais si tu la domines, tu la transformes en force. On ne peut pas devenir fort sans être sensible.” Mais elle la puise aussi dans le souvenir de l’une des seules femmes qui l’aient aimée convenablement quand elle était enfant, sa grand-mère, un “amour fondamental” dans sa vie, qu’elle “arrose chaque jour comme une fleur”. Est-ce cette femme qui lui a donné envie de prendre la parole pour toutes les autres? Peut-être. C’est sa propre expérience, surtout, qui a forgé son engagement. “Je me suis battue pour être libre, pour que l’on puisse s’asseoir et discuter toutes les deux, sans le poids de la tradition familiale, sans un mec sur le dos qui me dit ce que je dois faire à chaque instant. Maintenant que j’ai réussi mon émancipation, que j’ai obtenu ma liberté à pouvoir m’exprimer, je ne peux pas continuer à penser qu’à moi. Il faut que j’aide les autres à sortir de là”, assène-t-elle.

Si on l’a vue dans le documentaire Mali Blues prendre sa guitare pour défendre la liberté des femmes, son dernier album est davantage tourné vers les problèmes engendrés par la guerre, et dédié à la cause des migrants. Pour eux, et notamment pour les enfants, Fatoumata Diawara éprouve la même compassion que pour les femmes. “On ne peut pas se dire que tout va bien chez nous et ne pas penser aux enfants qui sont en République du Congo, en Syrie, au Darfour ou même en Amérique latine”, dit-elle. Cette sensibilité à l’état du monde et à la souffrance humaine, Fatoumata Diawara dit la devoir à ses nombreux voyages. “Je passe plus de temps dans les avions que dans ma maison. Si mon mari comptait mon temps de présence chez nous, ce serait pitoyable”, rigole-t-elle. En bambara, “Fenfo” signifie “Quelque chose à dire”. Qu’importe si c’est avec les yeux ou avec la bouche.

Faustine Kopiejwski, dans http://cheekmagazine.fr/culture/fatoumata-diawara-interview-fenfo/


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Premier concert en live et connecté sur les réseaux sociaux, « Le concert des Héroïnes » ❗ #3mai #20h00-23h00

En concert live sur les réseaux sociaux, « Le concert des Héroïnes » ❗
(avec Inna Modja, Imany, Joyce Jonathan, Jeanne Cherhal, Amir, Camille, Olivia Ruiz & Julie Zenatti).

Lors de la soirée, il y a aura également une table-ronde sur la thématique de l’excision qui sera animée par l’une des administratrices de la Fédération nationale GAMSAxelle JAH NJIKE. Pour suivre le concert, les tables-rondes, vous pouvez vous inscrire à l’événement live sur Facebook ➡ https://bit.ly/2GT4YNh

Pour plus d’information, voici le site internet http://soyonsdesheroines.fr/.


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Quatre vagues du féminisme : Toute une Histoire #Paris #18avril2018 #HasardLudique #EmpowHer

Cette “rencontre-débat” organisée par les Jeunes Ambassadeur.rices pour l’égalité Femme-Homme de l’association Empow’Her est la première d’une série de huit conférences sur le féminisme.
Le féminisme n’aurait-il existé qu’à partir du XVIIIème siècle ? Les femmes qui luttent pour l’égalité, c’est une idée de l’Occident ? C’est quoi les quatre vagues du féminisme ? Le cycle de mobilisation actuel, de #metoo à #balancetonporc, est-il l’apogée d’une quatrième ère ?

Notre événement ouvert à tous, réunira un panel de militant.e.s, expert.e.s représentant cette diversité. Elles et ils exprimeront et confronteront, sous la forme d’un débat, leur vision de l’Histoire du féminisme et de l’avènement d’une quatrième vague féministe.
Il permettra également de revenir sur les définitions et concepts clés pour permettre à chacun.e de mieux définir son engagement et appréhender les questions liées à l’égalité femmes-hommes.

★ LE HASARD LUDIQUE
128 Avenue de Saint Ouen
75018 Paris

► Accès
Ⓜ METRO 13 : Porte de Saint Ouen / Guy Moquet
Ⓑ Bus 81: Navier
Ⓥ Vélib : Rue Jacques Kellner

A 20h 00 !

Plus d’info : https://www.facebook.com/events/1504814922960604/


Axelle & Danièle

« L’EXCISION, ENTRE COUTUME ET CONTRÔLE DE LA SEXUALITÉ FÉMININE »#26mars #18h00 #UniversitéCréteil

#MeMySexeAndI™💫 : “• 💥AGENDA💥 • À l’invitation de l’association étudiante UPEC STANDS FOR AFRICA – USFA, j’interviendrai avec joie pour la Fédération Nationale GAMS avec Danielle Merian, Présidente de SOS Africaines en Danger #2SuperHéroïnesdelaVraieViehttp://ow.ly/uVAS30j7lz6

En ce mois de mars qui héberge la journée internationale des droits des femmes, une nouvelle occasion oh combien nécessaire de rappeler que les mutilations sexuelles féminines s’inscrivent dans le continuum des violences faites aux femmes.
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Merci aux étudiant.e.s de l’association USFA (particulièrement à Sorelle Dissounga Mbusi, Daouda Cissé) pour cette invitation.

#ensembleonvaplusloin #excision #tolerancezero #Gams #DanielleMerian #Usfa #Upec

Date & horaire : lundi 26 Mars, de 18h00 à 20h00

Lieu  : Université de Paris Est Créteil

Thème  « L’EXCISION, ENTRE COUTUME ET CONTRÔLE DE LA SEXUALITÉ FÉMININE »

* Inscription obligatoire pour les personnes extérieures à l’UPEC : https://goo.gl/forms/Bf5yNub1EWISkvNq1


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“Femmes en marche : Migrantes en France” #Conférences #Paris #jeudi12avril #19h00

A l’occasion de notre troisième rencontre, les organisatrices de Marcher droit avec des talons aiguilles – résidentes de la Fondation Biermans-Lapôtre – vous invitent à une soirée de réflexion sur le long périple entrepris par les femmes demandant l’asile en France.

Victimes de violences domestiques, d’abus sexuels ou de marginalisation économique, les femmes contraintes de fuir leur pays d’origine entament un long périple, particulièrement douloureux entre prostitution, harcèlement sexuel et agressions. Arrivées en Europe puis en France, elles se voient confrontées aux difficultés des camps, au manque de logements adéquats, aux pratiques administratives restrictives, mais également aux épaisses barrières culturelles et sociales.

Les raisons qui poussent les femmes à quitter leur pays d’origine, la périlleuse traversée, l’arrivée en France et la difficile régularisation et intégration des nouvelles arrivées seront autant de points abordés, dans le souci de proposer une vision panoramique des difficultés rencontrées par les femmes migrantes.

L’accent sera mis sur le double calvaire auquel ces femmes se voient confrontées: non seulement en tant que migrantes, mais aussi, et surtout, en raison de leur genre.

INTERVENANTES

Isabelle Gillette-Faye, Directrice générale de la Fédération nationale GAMS

Marion Jobert, Déléguée générale de l’association KÂLÎ

Violaine Husson, Responsable des questions Genre et Protection chez LA CIMADE

Marie Poinsot, Rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations

Organisé par: Eléonore C. Tavares et Lieselotte Schellekens

Quand ? Le Jeudi 12 avril 2018 à 19h

Où ? Salle des fêtes, Fondation Biermans-Lapôtre, Cité Internationale Universitaire de Paris, 9A Boulevard Jourdan, 75014 PARIS

Entrée libre | pot offert


Khady Mutilée

Des fleurs contre l’excision : les œuvres de cette artiste sont surprenantes et souvenir de Khady, « Mutilée » !

Des fleurs contre l'excision : les œuvres de cette artiste vont vous surprendreL’artiste Owanto (à droite) et sa fille Katya Berger. © Kevin Horn

C’est en tombant sur les photos d’une cérémonie d’excision que l’artiste Owanto a voulu s’engager contre ces mutilations qui touchent 200 millions de femmes dans le monde. Portrait sensible.

Sur les sexes mutilés d’adolescentes, sur leurs visages graves en noir et blanc, Owanto appose des fleurs délicates et fières. Son geste veut effacer et réparer des blessures infligées à des gamines anonymes soixante-dix ans plus tôt. Des sexes, des fleurs, la symbolique est puissante : elle est à la mesure du choc qu’Owanto, artiste franco-gabonaise, a ressenti lorsqu’elle a découvert dans les affaires familiales onze photos anciennes qui ont fait d’elle une a(rt)ctiviste. Aucune indication quant au lieu – vraisemblablement l’Afrique Èquatoriale française – ni sur la date. Seul le format trahit l’époque. Mais c’est bien un rite de passage à l’âge adulte qui a été documenté. Une « cérémonie » à l’issue de laquelle ces fillettes sont, selon la coutume, devenues des femmes, « pures », présentables, épousables parce que excisées. Deux scènes jettent l’effroi : l’instant où, la main armée d’un couteau, la « coupeuse », accroupie entre les jambes d’une gamine maintenue dos au sol, s’apprête à « officier » devant une assemblée stoïque ; et l’instant d’après, où une toute jeune fille, photographiée plein cadre, assise par terre, nue, tête baissée, prostrée dans sa douleur, regarde sa blessure et son sang couler.

« JE N’AI PAS SUPPORTÉ DE VOIR ÇA »

« Je n’ai pas supporté de voir ça, déclare Owanto. Je ne m’attendais pas à trouver cela dans les affaires de mon père, même si m’est revenu le vague souvenir d’avoir entendu parler de ces mutilations, qui n’ont jamais été pratiquées dans ma famille. Mon père était un entrepreneur français, ma mère était gabonaise, ils ont vécu au Nigeria puis au Gabon, que j’ai quitté à l’adolescence. À l’époque, seuls les colons possédaient des appareils photo ; papa avait un ami médecin, sa fonction l’aurait autorisé à assister à ce type de cérémonie. Moi, j’ai très vite remis ces images dans ce que j’appelle symboliquement le ‘tiroir de l’oubli’, là d’où elles venaient précisément, choquée par cette violence et ce voyeurisme. Puis j’ai réalisé que ces photos du passé me parlaient du présent, d’une réalité qui touche encore trop de femmes, privées de leur droit à disposer de leur corps. À ce moment-là, en tant qu’artiste, j’ai interprété comme un signe le fait que ces images me soient parvenues. Alors j’ai scanné ces minuscules tirages et les ai agrandis sur une plaque d’aluminium de 2 mètres sur 3. Mais je ne pouvais pas les montrer dans leur crudité. Les fleurs en porcelaine froide que je place dans les œuvres m’ont aidée à lever mes peurs de femme africaine quant aux réactions des communautés. Elles évacuent la violence et le voyeurisme, enlèvent la blessure, apportent la guérison. Elles me permettent de raconter une autre histoire, et invitent le spectateur à s’interroger sans détourner le regard. Bien sûr, il y a la charge symbolique et sémantique de la fleur, qui évoque le sexe, la virginité, l’érotisme. Mais c’est aussi la jeune fille, délicate, fragile, qui va éclore, s’épanouir et qu’il ne faut pas couper. »

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« La Jeune Fille à la fleur (Flowers II) », 2015. © Courtesyof Owanto Studio

Après des études de lettres et de philosophie et une première vie professionnelle, Yvette (son prénom de naissance), au tournant des années 1980, se retire dans la campagne andalouse. Silence, solitude, spiritualité. À 27 ans, elle se décide artiste, ex nihilo. « J’ai été élevée par deux femmes fortes, ma grand-mère maternelle et ma mère. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai dit à ma mère : je veux m’appeler comme toi. Elle s’appelait Owanto Bia (la belle femme, en langue myènè). Un nouveau nom, une nouvelle vie, choisie. C’était important et évident pour moi. Le symbole de mon engagement envers l’Afrique, aussi. Je retourne plusieurs fois par an au Gabon, au Burkina Faso, au Congo, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, en Afrique du Sud au gré de mes expos et de mes projets artistiques. »

CHAQUE ANNÉE, PLUS DE 3 MILLIONS DE JEUNES FILLES SONT MENACÉES

Avec « The Lighthouse of Memory (Go Nogé Mènè) », Owanto fut la première artiste de l’Afrique subsaharienne invitée à exposer à la Biennale de Venise, en 2009, où elle représentait le Gabon. Son œuvre « La Jeune Fille à la fleur » a rejoint le fonds permanent du Zeitz Mocaa, le plus important musée consacré à l’art contemporain africain, inauguré au Cap, en Afrique du Sud, en septembre dernier. « Il a été conçu comme un espace pacifié où toutes les revendications politiques et sociales peuvent s’exprimer », indique Owanto. Elle y sera le 6 février pour participer à une conférence, dans le cadre de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) placée sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé. L’Unicef recensait en 2016 plus de 200 millions de victimes de mutilations dans trente pays africains, du Moyen-Orient et de l’Asie où ces pratiques sont concentrées. Mais la migration des populations met en danger les femmes partout, y compris sur les continents américain et européen. Ces mutilations sont pratiquées le plus souvent avant l’âge de 15 ans. Chaque année, plus de 3 millions de jeunes filles sont menacées. Et si quarante et un pays criminalisent les MGF, les lois n’ont pas encore partout l’effet escompté, rappelle Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d’Onu Femmes.

Des chiffres qui ont poussé Owanto à imaginer avec Katya Berger, sa fille, jeune journaliste et productrice formée aux Ètats-Unis où elle vit, un nouveau projet entre art et activisme. « Notre projet s’appelle One Thousand Voices. À Katya de les trouver, explique Owanto. L’objectif est de recueillir des témoignages partout où les MGF sont pratiquées. Nous avons déjà recueilli des récits dans seize pays (Iran, Kenya, Tanzanie, Somali-land, Èrythrée, Inde, Grande-Bretagne, Ètats-Unis, Gambie, Mauritanie…) de femmes de 14 à 40 ans. » Les témoignages sont incroyablement divers : de cette Indienne immigrée de la communauté bohra, où c’est une tradition, à cette Somalienne de 39 ans, stérile à la suite de ses blessures, en passant par cette Américaine, blanche, chrétienne, de 70 ans, excisée par un médecin parce qu’elle se masturbait. Les histoires se ressemblent : ce ne sont pas les hommes qui mutilent, les « cutters » sont les mères, les tantes, les grands-mères, des sages-femmes, qui se conforment au diktat masculin, perpétuant une pratique pour que leurs filles puissent se marier.

À Londres, les hôpitaux Queen Charlotte et St. Mary, où les victimes consultent pour des troubles post-mutilations ou des reconstructions, relaient le projet d’Owanto et de Katya. Et encouragent les femmes à laisser leur témoignage sonore sur leur site. Avec ces mille voix, Katya créera un immense chœur aux tonalités différentes, sur fond de vieux disque qui craque, pour dire que oui, il est temps de changer de disque. Le projet ultime est de juxtaposer les œuvres d’Owanto et le collage sonore de Katya. Regarder et écouter, mais pas en même temps. « On cheminera dans la vie de ces femmes comme si on les rencontrait, comme si on entrait en confidences avec elles. » Les hommes ? « Nous ne devons pas les exclure, sinon ça ne changera pas ou pas assez vite, pense Owanto. Lorsque j’ai exposé à Paris en octobre, un Camerounais, en pleurs devant mes œuvres, m’a remerciée et m’a confié que son amie avait subi ça, qu’elle ne ressentait plus rien… et qu’il ne savait pas quoi faire. »

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« Flowers IV », 2015. © Courtesy of Owanto Studio

ET EN FRANCE ?

On estime le nombre de victimes entre 53 000 et 60 000. Le 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes,Emmanuel Macron a promis « de traquer partout ceux qui pratiquent cette barbarie ». rappelons que les mutilations sont punies de dix à vingt ans de prison. alerte-excision.org. tél. : 119 ou 3919.

Khady Mutilée

Source : http://www.elle.fr/Societe/News/Des-fleurs-contre-l-excision-les-photos-de-l-artiste-Owanto-vont-vous-surprendre-3612425


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« Le Big Sister Movement » pour mettre fin aux mutilations sexuelles en Afrique

 

Le BIG SISTER MOVEMENT (BSM) est la plus grande coalition d’ONG locales. Cette coalition, dirigée par des femmes survivantes de l’excision/des mutilations sexuelles féminines, issues de Gambie, de Sierra Leone, du Nigeria, du Kenya et de Somalie, a pour but de permettre aux survivantes, par le témoignage et l’action, de raconter leur propre histoire, de promouvoir et de trouver des solutions populaires au problème de l’excision et des mutilations sexuelles féminines en Afrique.

« Depuis trop longtemps, les organisations internationales dirigent cette campagne en Afrique, mettant en place des programmes avec la coopération d’activistes locaux au sein de nos communautés. Le temps est venu, pour les Africains des quatre coins du continent et du monde, de prendre les rênes de cette campagne et de mettre fin aux mutilations sexuelles féminines et aux mariages précoces en Afrique d’ici 2030 », explique Jaha Dukureh, l’une des membres à l’origine de cette coalition et nominée au Prix Nobel de la Paix 2018.

« Les Africaines ont tendance à être perçues comme des femmes qui ont besoin d’être sauvées. Elles ne sont jamais considérées comme des femmes capables de sauver les autres. C’est cela que le Big Sister Movement veut changer. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi la Journée Internationale de la Femme pour lancer notre mouvement, précisément pour incarner cette vision », ajoute Augustine Abu, membre du BSM.

En Afrique, 6 000 jeunes filles sont mutilées chaque jour, 200 millions de femmes vivent avec les effets de l’excision/des mutilations sexuelles féminines et 30 millions de filles restent exposées à ces mêmes risques au cours des prochaines décennies.

Le Big Sister Movement est uni autour d’un objectif commun : l’interdiction de l’excision et des mutilations sexuelles féminines en Afrique. Il veut s’assurer que cette interdiction est mise en œuvre dans tous les pays membres de l’Union Africaine où ces pratiques restent prédominantes, au moyen de formations stratégiques et en responsabilisant les leaders populaires et les équipes de campagnes. #BANFGM2030.

Source : http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/le-big-sister-movement-pour-mettre-fin-aux-mutilations-sexuelles-en-afrique/id-menu-957.html


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Au #Ghana, des femmes prennent des pilules pour accoucher d’un bébé à la peau claire

Au Ghana, les femmes enceintes se procurent des pilules destinées à éclaicir la peau de leur bébé à naître. Une tendance dangereuse qui inquiète les autorités sanitaires de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Depuis quelques mois, des pilules qui circulent clandestinement au Ghana suscitent l’inquiétude de la Food and Drugs Authority (FDA) du Ghana. Destinées aux femmes enceintes qui espèrent donner naissance à un bébé à la peau claire, cette étrange tendance serait dangereuse pour la santé. « Nous voulons que le grand public sache que la FDA n’approuve aucun produit comme un comprimé ou une pilule voué à éclaircir la peau d’un enfant à naître », a déclaré à la BBC Emmanuel Nkrumah, chef du Département Cosmétique de la FDA. Les autorités sanitaires craignent notamment l’apparition de malformations congénitales, ainsi que des dommages au niveau des membres et des organes internes. De surcroît, ces comprimés ne garantissent en aucun cas l’obtention de l’effet escompté, alerte le gouvernement ghanéen.

Toute entreprise ou individu qui commercialise ces pilules sera arrêté et poursuivi en justice, avertit le gouvernement de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Une autre mode fait rage au Ghana chez les femmes enceintes qui souhaitent que leur bébé naisse avec la peau plus claire : elle consiste à se masser le ventre avec des crèmes dépigmentantes. Cette pratique est également dangereuse, car ce type de crème peut entraîner des cas d’allergie qui se manifestent le plus souvent par des gonflements de la peau et des éruptions cutanées.

En Afrique de l’Ouest, 70% de femmes adeptes de crèmes éclaircissantes

Comme le rappelait le New York Times en 2016, le phénomène de blanchiment de la peau est très répandu en Afrique, notamment dans la région Ouest du continent, où 70% des femmes auraient déjà utilisé des crèmes pour s’éclaircir la peau. En 2016, la FDA du Ghana s’est engagée dans une lutte active contre le blanchiment de la peau en instaurant une législation qui interdit l’introduction de tout produit contenant de l’hydroquinone, une poudre blanche inodore présente dans la majorité des produits dépigmentants. Les publicités n’ont cependant pas été supprimées et de nombreuses crèmes et lotions éclaircissantes sont encore disponibles sur le marché, souligne le magazine Le Point.

Un phénomène lié à la colonisation

En Afrique, avoir la peau claire est considéré comme un signe extérieur de beauté et de réussite sociale pour de nombreuses femmes, ainsi que pour les hommes qui s’y mettent aussi. Cet éclaircissement de la couleur de la peau n’est cependant pas uniquement dû à un phénomène de mode mais relève probablement également de données historiques : « Il faut comprendre que lors de la colonisation, il y avait une volonté d’assimilation culturelle. Cette pratique assimilatrice faisait considérer la couleur de peau des blancs et des métisses comme un critère de beauté », affirme Djiby Diakhaté, sociologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Pour combattre ce phénomène nocif pour la santé mais également pour la diversité des ethnies et l’acceptation du multiculturalisme, la sociologue prône un combat quasiment idéologique et pas seulement répressif contre les vendeurs de crèmes blanchissantes. « Il serait peut-être mieux que l’on fasse décomplexer les personnes face à leur couleur de peau et qu’elles s’approprient une identité dynamique et ouverte et non plus calquée sur une autre. »

Source : http://www.terrafemina.com/article/ghana-des-pilules-pour-accoucher-d-un-bebe-a-la-peau-claire_a340309/1


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Festival « O’plurielles » Conseil de l’Europe le #8mars & Aubette le #9mars #Strasbourg

Le 08 mars est la Journée Internationale du droit des femmes.

A l’occasion de cette journée et à l’initiative du groupe 23 Strasbourg, les groupes Amnesty International de la région Alsace vous invitent à la première édition du festival O’Plurielles.

Ce festival sera axé autour des thématiques des violences conjugales, de l’excision, des femmes victimes de violences pendant les conflits armés, des femmes migrantes et des mariages forcés.

Des intervenantes spécialisées dans ces différentes thématiques interviendront, puis laisseront place à un débat. Parmi elles, Carole Mann, sociologue directrice de l’association « Women in War », Isabelle Gillette-Faye, Sociologue, Directrice Générale de la fédération GAMS, Jacqueline Deloffre, responsable de la comission « Droits des femmes » à Amnesty France, et beaucoup d’autres!

Nous vous invitons à consulter la programmation complète sur https://www.facebook.com/Amnesty.International.Alsace/ et à vous inscrire pour la journée du 8 mars via ce lien: http://www.amicale-coe.eu/fr/132-langue-et-culture-francophones/364-inscription-aux-conferences-damnesty-international.html

Ci-dessous le programme des deux jours :

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