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L’excision, cauchemar des fillettes en Indonésie – Attention ! Certaines images peuvent choquer !

Une fillette indonésienne préparée pour l'excision à Gotontalo, en Indonésie, le 20 février 2017-AFP/BAY ISMOYOUne fillette indonésienne préparée pour l’excision à Gotontalo, en Indonésie, le 20 février 2017-AFP/BAY ISMOYO

La petite Salsa Djafar porte une couronne en or, un ruban et une robe pourpre pour une fête de famille particulière: la célébration de son excision, dans une région isolée d’Indonésie. Mais pour cette fillette d’un an et demi, comme pour d’autres, c’est un cauchemar.

Dans une modeste maison dans la province de Gorontalo (centre), une guérisseuse recouvre le bébé d’un drap blanc puis passe sa tête en dessous, un petit couteau à la main.

Soudain, elle coupe le capuchon qui recouvre le clitoris de la fillette, ainsi que les petites lèvres, faisant aussitôt hurler l’enfant.

La guérisseuse prend ensuite les petits morceaux coupés et les plante dans un citron avec son couteau. Ce geste marque la fin d’un rite censé débarrasser la petite Salsa des péchés et signaler qu’elle est officiellement musulmane.

« C’est dur de la voir crier comme ça, mais c’est la tradition », dit à l’AFP le père du bébé, Arjun Djafar, un ouvrier de 23 ans, lors de cette cérémonie sur fond de musique locale, un rituel qui se fête en famille.

Les mutations génitales féminines (MGF) – expression médicale qui désigne l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes d’une femme – sont pratiquées depuis des générations en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde.

Un guérisseuse pratique l'excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017 -AFP/BAY ISMOYOUn guérisseuse pratique l’excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017 -AFP/BAY ISMOYO

Pour de nombreuses familles, c’est un rite obligatoire. Mais les méthodes ancestrales sont dénoncées avec force par les opposants, qui exigent leur interdiction.

Le gouvernement indonésien a souvent changé d’avis sur les méthodes d’excision à adopter ou non, créant de la confusion. Un temps, il a essayé d’interdire l’excision, condamnée par les Nations Unies, mais la forte résistance opposée par les autorités religieuses de cet archipel d’Asie du Sud-Est où l’islam joue un rôle important rendent un tel bannissement impossible. Il essaie désormais plutôt de convaincre de cesser cette pratique, considérée au niveau international comme une violation des droits fondamentaux des filles.

– Opposition croissante –

Nulle part ailleurs dans le pays l’excision n’est aussi populaire qu’à Gorontalo, région très conservatrice. La province affiche le taux le plus élevé d’ablations d’organes génitaux. A Gorontalo, plus de 80% des filles âgées de moins de 11 ans ont subi des mutations génitales, contre 50% environ à l’échelle de ce pays de 255 millions d’habitants, selon une enquête gouvernementale.

Malgré les souffrances causées par ces ablations et l’opposition croissante dans le pays, les habitants de la province, peuplée pour l’essentiel de paysans pauvres, considèrent l’excision comme une obligation.

Une fillette indonésienne chez une guérisseuse qui pratique l'excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017-AFP/BAY ISMOYOUne fillette indonésienne chez une guérisseuse qui pratique l’excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017-AFP/BAY ISMOYO

Pour la guérisseuse traditionnelle Khadijah Ibrahim, qui a pris la succession à Gorontalo de sa mère décédée il y a quelques années, les filles qui ne sont pas excisées risquent d’être atteintes de « problèmes mentaux et handicaps ».

Des dirigeants locaux estiment, eux, que cette pratique évite plus tard aux filles de céder aux moeurs légères.

Et les habitants sont nombreux à penser que les musulmanes n’ayant pas subi de mutations génitales ne seront pas acceptées par Dieu.

L’excision n’est pas seulement une pratique courante dans les régions isolées de l’archipel, elle l’est aussi à Jakarta. Mais dans la capitale indonésienne, la procédure se limite à un geste symbolique: une personne pique une aiguille dans le clitoris de la fillette, évitant ainsi les douleurs liées à une ablation.

– ‘Procédures néfastes’ –

Les Nations Unies ont déjà adopté deux résolutions encourageant à renoncer à ces pratiques d’un autre âge. L’ONU considère les MGF comme des « procédures néfastes aux parties génitales féminines sans raison médicale ». Non seulement elles n’ont aucun avantage pour la santé, mais peuvent au contraire créer beaucoup de problèmes comme l’infertilité et un risque accru de complications à la naissance d’un enfant, souligne l’ONU.

Une guérisseuse indonésienne montre un couteau avec lequel elle pratique l'excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017-AFP/BAY ISMOYOUne guérisseuse indonésienne montre un couteau avec lequel elle pratique l’excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017-AFP/BAY ISMOYO

En Indonésie, les débats autour de l’excision ont pris de l’ampleur ces dernières années. Même certaines organisations musulmanes sont désormais contre, telle Muhammadiayh, la deuxième du pays, qui dissuade ses partisans de recourir à cette pratique.

Un avis partagé par Khorirah Ali, une membre de la commission nationale contre la violence faite aux femmes: « Je pense que dans ma religion il n’y a aucun verset qui autorise l’excision féminine, ce n’est pas dans le Coran », a-t-elle déclaré à l’AFP

Mais la plus importante organisation musulmane indonésienne, Nahdlatul Ulama, et le Conseil des oulémas, la plus haute instance religieuse du pays, restent eux favorables à l’excision.

Malgré les oppositions, la fin de l’excision a peu de chance d’arriver en Indonésie, dit à l’AFP Jurnalis Uddin, expert en mutations génitales féminines. « Vouloir se débarrasser totalement de cette pratique, c’est comme nager contre le courant ».

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/l-excision-cauchemar-des-fillettes-en-indonesie_111622


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Fanta dans sa chambre, les souvenirs reviennent et l'empêchent de dormir.

FEMMES RÉFUGIÉES, LA DOUBLE PEINE – Des récits parmi d’autres entendus au GAMS quotidiennement

Fathi, Zénébech, Fanta et Hélène ont débarqué à Paname la tête pleine de rêves. Entre les nuits à la belle étoile, les violences faites aux femmes et les galères de papiers, leur quotidien de réfugiées est bien moins rose. Elles racontent leurs histoires.

En sirotant un jus d’orange, attablée au Belvil’ Café, Fathi raconte ses premières nuits dans le petit square qui borde le métro La Chapelle :

« Un soir, les hommes se battaient. L’un d’eux s’est fait poignarder. On a vu ses entrailles se déverser devant nous. A partir de ce moment, avec les autres filles, on a commencé à dormir assises. Moi, j’avais la chance d’être mariée. Mais les célibataires et les femmes vierges se faisaient sans arrêt assaillir par les hommes saouls. »

La voix de la jeune femme aux grands yeux noirs chevrote d’émotion quand elle remonte le fil de son histoire. Partie en 2014 du Soudan pour la Lybie, elle embarque sur un rafiot de fortune pour l’Europe. La France devait être la dernière étape de son chemin de croix. A peine débarquée à Paris, on lui indique le square crasseux. « C’est là qu’on dort ? » Alors qu’elle s’installe sur le gravier, un homme approche. Elle reconnait, incrédule, les traits de Khalid, son mari. Lui est parti quelques mois avant elle.

Tout comme Zénébech, Fanta et Hélène, Fathi a accepté de nous raconter son quotidien de femme réfugiée à Paris. Les longues nuits dans des camps, les hôtels lugubres et les galères administratives. Des récits de solidarité aussi : des militantes françaises leur ont tendu la main et grâce à elles, les réfugiées ont pu quitter la rue, propice aux violences faites aux femmes.

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Fanta dans le RER. France terre d’asile a pu lui fournir un hébergement dans un hôtel meublé en région parisienne. / Crédits : Julia Rostagni

HARCÈLEMENT SEXUEL

Début août, Fanta, mêlée aux touristes, descend du Flixbus qui rejoint Paris. Son périple a débuté deux ans plus tôt. 16 ans à peine, elle a pris la route pour fuir un mariage forcé. Marche, bateau, train et car Macron jusqu’à Paname, donc. Michel, « un Congolais » qui la voit faire les cent pas, l’aborde. Il propose à Fanta de l’héberger pour la nuit. Le lendemain, il la dépose à Créteil où France Terre d’Asile tient une plateforme d’accueil. Lorsqu’elle se rend compte que la structure ne peut lui fournir un toit, la jeune femme s’assoit et fond en larmes.

Ce soir-là, malgré la peur, elle retourne chez Michel qui lui propose de l’accueillir dans sa chambre. Un rendez-vous à la préfecture est fixé deux semaines plus tard. Une démarche qui, espère-t-elle, lui permettra d’obtenir un hébergement. La jeune femme ne tiendra pas jusque-là. En pleine nuit, son hôte lui reproche, alors qu’il lui offre gîte et couvert, de n’être pas « gentille ». Un autre jour, le colocataire de Michel lui lance :

« A force de te voir, je vais finir par coucher avec toi. »

Fanta retrace son histoire dans un petit cahier

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Fanta prend la poudre d’escampette. Six mois plus tard, on la retrouve autour d’un jus d’ananas. La jeune fille a retrouvé un toit : « Chambre 116, à l’Apparthôtel de Torcy », annonce-t-elle, rayonnante de fierté sous ses longues tresses. Sa chambre ? Une petite pièce meublée de trois lits autour desquels s’empilent les affaires de trois jeunes filles, desservis par un couloir étroit. Pour autant, elle n’est pas tout à fait sereine. Ses souvenirs resurgissent : les nuits avec son mari âgé de 52 ans, alors qu’elle en avait seulement 16. Le jour où il lui a balancé une casserole d’eau bouillante sur la cuisse parce qu’il l’a surprise avalant une pilule contraceptive. La fuite. La prison. Encore la fuite, la traversée du Sahara en camion. La tentative de viol du gardien de la maison dans laquelle elle travaille en Libye, neuf mois durant. Le bateau, dans lequel 135 personnes se sont empilées. Certaines sont mortes en Méditerranée. Elle ne sait pas combien. Fanta n’arrive plus à dormir.

Pour passer le temps, elle se rend à la bibliothèque de Torcy. Et, de son écriture appliquée, trace dans un cahier de brouillon rouge de 96 pages le récit de son odyssée. Elle nous débite son histoire de manière quasi mécanique, comme si elle l’avait répétée des dizaines de fois. Cette mélopée monotone s’interrompt lorsque la jeune femme évoque sa mère, avant de reprendre dans un souffle :

« Une fois arrivée en France, j’ai tenté de la joindre. Elle m’a dit qu’elle ne voulait plus entendre parler de moi. Qu’au pays, on la traitait de sorcière parce que son mari était mort, et que sa fille n’avait pas tenu le mariage. »

De grosses gouttes perlent sur ses joues enfantines.

SI TU VEUX DES PAPIERS, APPREND TA GÉOGRAPHIE

Fanta attend la réponse de l’Office Français Pour les Réfugiés et les Apatrides (Ofpra) à sa demande d’asile. Fathi et son mari Khalid se sont vus rejeter la leur. L’institution estime qu’elle ne peut établir qu’elle est érythréenne, une nationalité qui donne un droit automatique à l’asile. Ils ont fait appel devant la Cour nationale du droit d’asile (Cnda). Fathi s’emporte :

« J’ai raconté ma vie au monsieur. Il ne me croyait pas. Je peux lui raconter encore s’il le veut, ça ne le fera pas changer d’avis. »

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Fanta cuisine dans sa petite chambre / Crédits : Julia Rostagni

Malou et Nathalie, deux militantes rencontrées au cours de l’occupation du lycée Jean Quarré, dans le 19e arrondissement, l’accompagnent dans ses démarches. Elles tentent de convaincre la réfugiée d’appliquer les consignes de son avocate : apprendre par cœur le nom de la capitale de l’Érythrée, les couleurs de son drapeau, son hymne, en vue de la procédure en appel. Fathi juge l’exercice absurde. Elle n’a passé en Érythrée que les trois premières années de sa vie. Ensuite, elle a vécu en Ethiopie, puis, de 13 à 26 ans au Soudan. Fatiguée de devoir sans cesse se justifier, la jeune maman explose :

« Je ne dors plus. Je ne vis pas la vie que je souhaite. Je passe mes jours dans une chambre d’hôtel, je n’ai pas de perspectives, j’ai la tête pleine de questions, je fais des insomnies, j’ai des idées noires. »

Le regard de Fathi se perd à travers la vitre du bar bellevillois, puis elle se penche sur la poussette de son bébé, mutique. Malou prend le relais. Meneuse de revue au civil, elle fait office de traductrice. Franco-éthiopienne, elle parle amharique et peut discuter directement avec les filles :

« Le Soudan est une vraie plateforme de trafic de migrants. Là-bas, il y a encore des combats d’hommes, comme dans Ben-Hur. Fathi a rencontré son mari dans un dispensaire où elle était au repos après s’être fait défoncer la gueule et violer par des mecs. Elle a laissé sa mère au pays. »

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Malou et Nathalie aident Fathi à régler les problèmes administratifs de son mari / Crédits : Julia Rostagni

Que se passera-t-il si la CNDA refuse d’accorder l’asile à Fathi et Khalid ? « Je crois que lorsqu’ils sont érythréens ou éthiopiens, la France ne renvoie pas trop les gens au pays. Par contre, fini le logement, l’allocation pour demandeurs d’asile. Ils sont mis dehors, et doivent attendre des années dans la clandestinité pour redemander des papiers. Ils doivent se débrouiller », explique Nathalie, une quinqua chaleureuse à l’accent montpelliérain. Pour l’instant, les militantes se battent, rappelant assistantes sociales, avocats, juristes… Fathi, de son côté, se rend chaque semaine chez Michèle, une prof de français à la retraite, pour des cours.

LOGEMENTS PRÉCAIRES, VIES PRÉCAIRES

Sur sa route, Fathi a bénéficié de la solidarité d’une poignée d’anonymes : Malou, Nathalie, Michèle… La première, une dame « d’une association catholique » dont elle n’a pas retenu le nom, qui paye des chambres d’hôtel aux femmes réfugiées de la Chapelle :

« Ça a été un grand soulagement. La vie en campement est encore plus difficile pour les femmes. Il y a des problèmes d’intimité et d’hygiène. Particulièrement lorsqu’on a nos règles. »

Elle passe donc ses nuits à l’hôtel, et ses journées à La Chapelle. « Un matin, nous sommes arrivées à Stalingrad, et ils avaient ramassé tout le monde. Khalid, mon mari, n’était plus là. » Elle l’a retrouvé dans la journée. Avec les autres femmes, elles décident de retourner dormir au camp de soudanais. Peut-être par peur d’être à nouveau séparés. « Le lendemain, on a été placés, avec mon mari, dans un hôtel à Ménilmontant », poursuit-elle en regardant ses mains jouer sur le guéridon. Le toit est là. L’hygiène, toujours pas :

« Il y avait des cafards, je devais glisser des chaussettes sous la porte pour qu’elle ferme. Et puis je n’avais droit qu’à un seul ticket restaurant par jour, alors que j’attendais mon enfant, et que j’étais tout le temps affamée. »

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Seule dans sa chambre, les souvenirs reviennent et l’empêchent de dormir / Crédits : Julia Rostagni

Elle restera dans ce taudis dix mois, accouchement compris. « Lorsque j’ai visité la chambre de Fathi, je n’en revenais pas », s’indigne Nathalie :

« C’était un semi-hôtel de passe, lugubre, sale, bref, pas un endroit pour élever un enfant. Une des filles est partie prendre des photos. Et après, j’ai employé ma technique habituelle : appeler tous les élus de gauche de la mairie de Paris : il fallait reloger Fathi et Khalid. »

La méthode fonctionne. Ils sont aujourd’hui dans « un hôtel correct » du 18e arrondissement. La question de l’hébergement est d’autant plus compliquée à gérer qu’à leur arrivée, les jeunes femmes ont une image fantasmée de la France. Ici tout sera facile, croient-elles. « Les filles étaient un peu à côté de la plaque », commente Malou :

« On se faisait parfois presque engueuler parce qu’elles n’avaient pas d’appartement assez vite, que leur hébergement était loin de l’arrêt de métro, ou du centre de Paris. »

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Fathi, sa fille et Nathalie à Paris. / Crédits : Julia Rostagni

BÉBÉ À BORD

Octobre 2016, Zénébech débarque à Paris avec le numéro d’Ophélie en poche. C’est une militante de Vintimille qui a filé à la jeune éthiopienne le contact de cette Parisienne arabophone :

« Que faire quand vous vous trouvez face à une femme enceinte jusqu’aux yeux? La laisser sur le trottoir ? »

Elle décide de lui ouvrir les portes de sa coloc’ à Asnières. Un choix pas évident :

« Nous avions déjà logé un jeune afghan, pendant beaucoup plus longtemps. Reprendre quelqu’un sous notre toit n’allait pas de soi, nous en avions discuté et nous nous étions mis d’accord sur le fait que nous l’hébergions mais que pour elle, comme pour nous, le mieux était qu’elle entre au plus vite dans le système du 115. »

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Zénébèche avec son fils Rhobot. / Crédits : Julia Rostagni

Dès le lendemain de son arrivée, Ophélie accompagne Zénébech à la Coordination de l’accueil des familles demandeuses d’asile (CAFDA) pour préparer sa demande d’asile. Sauf que l’organisme ne sait pas vers qui elles doivent se tourner pour le suivi de grossesse de Zénébech. Faute de mieux, elles se rendent aux urgences de Clichy. L’échographie montre que Zénébech est enceinte de huit mois.

RHOBOT EST NÉ LE 2 DÉCEMBRE

Ces urgences sanitaires réglées, le binôme commence à appeler le 115. Le numéro d’urgence sociale leur obtient une place, pour 5 jours, dans un hôtel. Retour dans la coloc. Quelques jours plus tard le 115 oriente la femme enceinte vers un hôtel de Puteaux. Lorsqu’elles se présentent, une autre femme attend à l’accueil. L’hôtelier regarde son registre et lève la tête, gêné : « Je n’ai qu’un nom sur ma liste », s’excuse-t-il. Nouveau retour à Asnières. La troisième tentative sera la bonne. L’hôtel est lugubre et isolé. Impossible pourtant, d’être trop exigeante : en cas de refus, le 115 blackliste le demandeur.

Au bout de quelques jours, Zénébech préfère rejoindre le campement de Stalingrad et les autres habeshas (Éthiopiens et Érythréens), plutôt que de rester isolée dans l’hôtel délabré. Quelques jours plus tard, ils seront relogés dans une base de loisirs de Cergy. Là-bas, elle est nourrie, logée et on l’assiste dans ses démarches administratives. « La question de la grossesse n’entrait pas dans leur prisme d’analyse », assure Ophélie :

« Alors, fin novembre, j’ai pris ma voiture, et j’ai emmené Zénébech à l’hôpital. Rhobot est né le 2 décembre. »

Quand elle raconte cette histoire, attablée dans la chambre du Centre où vivent aujourd’hui Zénébech et Rhobot, un large sourire éclaire son visage.

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Esclave d’une famille au Qatar, Hélène s’est enfuie lors d’un séjour en France / Crédits : Julia Rostagni

LE RÊVE FRANÇAIS

A la table du Belvil’Café, Hélène, vêtue avec soin, balbutie quelques mots de Français en riant avant de reprendre en habesha, secondée par Malou. Éthiopienne commence tout juste une formation pour apprendre la langue de Molière, pour, à terme, devenir « coiffeuse ou vendeuse ». A Paris, elle continue à manifester contre le gouvernement éthiopien. C’est ce combat politique qui l’a contrainte à prendre la fuite. Devenue esclave d’une famille du Qatar, elle s’est enfuie lors d’un séjour en France. Avec l’aide du Comité contre l’esclavage moderne, Hélène a obtenu des papiers. Débarrassée de ce tracas, elle envisage l’avenir avec optimisme et espère obtenir un logement social rapidement, pour y élever l’enfant qu’elle attend.

Elle n’est pas la seule. Sur les huit femmes suivies par Nathalie et Malou, quatre sont tombées enceintes les deux dernières années :

« On s’est demandé pourquoi une telle épidémie. Peut-être pensent-elles qu’avec un enfant, on ne les expulsera pas ? Peut-être qu’après tant d’aventures, leur corps s’est relâché et elles se sont permises d’avoir un enfant ? »

Pas faute d’avoir insisté sur les méthodes contraceptives. « Au début, on leur courait après pour leur mettre des capotes dans les poches », se souviennent Malou et Nathalie en riant :

« Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’elles ne savaient pas comment s’en servir ! »

Elles organisent alors un petit atelier pour leur apprendre l’usage des capotes. Avec les résultats qu’on sait. Arrivées dans un pays où leur enfant pourrait espérer un avenir meilleur, c’était peut-être simplement le moment.

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Par Elsa Sabado , Julia Rostagni | 20 Mars 2017

Source http://www.streetpress.com/sujet/1490019966-femmes-refugiees-double-peine


Conférence AESPO 20 mars 2017

Conférence sur « La prise en charge des mutilations sexuelles féminines », Yvelines, 20 mars, 16 h 30

A l’occasion de la Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes #8marstoutelannée #partoutenFrance, l’Association des Etudiants Sages-Femmes de Paris Ouest (AESFPO) organise une Conférence sur « La prise en charge des mutilations sexuelles féminines », Amphi 3 de l’UFR des sciences de la santé Simone Veil, Université de Versailles.

Une vente solidaire sera également organisée et les bénéfices seront reversés au GAMS !

Soyez nombreuses et nombreux !

 

 


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Course Tou•te•s en Jupe, le 19 mars, #Bourg-en-Bresse, au profit du #GAMS

C’est parti pour une nouvelle édition de la Course en Jupe !

Cette année encore le bureau des étudiants sages-femmes de Bourg-en-Bresse vous invite à venir participer à de nombreuses activités autour du lac de Bouvent pour honorer la journée journée internationale pour les droits des femmes #8marstoutelannée, le dimanche 19 Mars, de 14 h 30 à 19 h 00, au lac des Bouvents.

Au programme beaucoup de sport… mais pas que ! Pour les plus gourmands il y a aura aussi des crêpes, des gâteaux, des boissons chaudes, et pour les plus petits de nombreuses animations. En fin de journée aura aussi lieu la traditionnelle tombola pour vous faire gagner de nombreux lots.

Nous espérons vous voir nombreux pour passer un heureux dimanche en famille ou entre amis, tout cela à condition de porter une jupe bien entendu 😉

Les bénéfices de cette journée seront une fois de plus reversés à une association, cette année c’est la fédération GAMS que nous avons choisi d’aider, elle est engagée dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles. Pour en savoir plus : http://federationgams.org/  et son antenne régionale en Auvergne-Rhône-Alpes https://www.facebook.com/profile.php?id=100012122775147&fref=ts

Retrouvez l’événement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/403193546699136/

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Forum associatif – Palais de la Femme – Poursuivre la lutte pour l’égalité femmes hommes #8mars

La Fédération nationale GAMS, le Palais de la Femme (Paris, Fondation Armée du Salut), vous invite le 8 mars à un Forum associatif pour la Journée internationale pour les Droits des Femmes !

Du 7 mars au 8 avril, retrouvez le programme ci-dessous !

 

A l’occasion de l’édition 2017 de la JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES

 

Le Palais de La Femme fait son Festival

Forum associatif, Exposition photos, Création chorégraphique,

Ateliers d’écriture,  Lectures déambulatoires & dansées, Concert, …

 

Du 07 au 09 Mars 2017

Entrée libre au 94, rue de Charonne, 75011 Paris

 

 

Le Palais de la Femme est un établissement du secteur Inclusion de la Fondation de l’Armée du Salut, dédié à la prévention de l’exclusion sociale et à l’insertion des personnes accueillies.

L’établissement a pour vocation de répondre aux besoins de personnes temporairement fragilisées par leur parcours de vie.

Les principales missions du Palais de la Femme sont : accueillir et héberger les personnes en difficulté, proposer un accompagnement social adapté à leur situation individuelle, permettre aux 380 personnes accueillies – majoritairement des femmes – de retrouver stabilité, autonomie et une place entière dans la société.

Aujourd’hui, Le Palais de la Femme intègre 4 dispositifs d’accueil, de l’hébergement d’urgence au logement accompagné.

Un 08 Mars au Palais de la Femme pour Sensibiliser, Informer, Echanger, Confronter les expériences, Enrichir les réflexions, Participer à améliorer la situation des femmes, Poursuivre la lutte pour l’égalité femmes hommes.

Faire de ces 3 jours, un temps de Sensibilisation et de Mobilisation,

un temps Culturel et Artistique.

 

Le 07 Mars / 20h

 

Compagnie Nawel Oulad, création chorégraphique

Les Tisseuses de silences

Cette création est conçue comme un tableau vivant où défilent les représentations du corps des femmes à travers les époques. Une histoire de corps mystérieux qu’il faut tantôt cacher, tantôt montrer mais toujours contrôler.
Quatre femmes se transforment en manipulant des tissus comme une seconde peau qui ne cesse de muer.
Au fil de ces mutations, les corps morcelés de tabous et d’érotisme se révèlent et se cherchent.
La danse y dévoile des corps tantôt contraints, tantôt sublimés, reflet d’une histoire qui s’est tissée

en lien étroit avec l’habillement.
Virginia Woolf écrivait : « ce sont les vêtements qui nous portent et non l’inverse », du corset au kimono en passant par la burka il n’y a qu’un fil qui traduit les moeurs culturelles silencieuses qui entourent le corps des femmes.
Ici la danse lève les voiles, les peaux se déploient avec les tissus pour en découdre avec le silence qui recouvre l’origine d’un monde.

www.naweloulad.com

 

Le 08 Mars / 14h à 18h

Forum associatif

Le Palais de la Femme invite associations, structures, acteurs de terrain et de proximité œuvrant pour le respect des libertés et des droits des femmes à participer à un forum. Sont attendus pour cette troisième édition du Forum : La Maison des Femmes de Saint-Denis, Libres Terre des Femmes, le CIDFF de Paris, l’EPE, un délégué du Défenseur des Droits, le GISTI, Femmes de La Terre, la fédération GAMS, le Comité des Métallos, Osez le Féminisme, Violette and co, HF Culture, En avant toutes, l’ADSF, AIDES, Le Filon …

 

Qui sont ces associations ?

 

CIDFF de Paris Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles

Fondé en 1972 à l’initiative de l’État, le Centre National d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles – CNIDFF est un relais essentiel de l’action des pouvoirs publics en matière d’accès aux droits pour les femmes, de lutte contre les discriminations sexistes et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

http://www.infofemmes.com/v2/accueil.html

 

Libres Terre Des Femmes

Créée en 2006, l’association s’inscrit dans le réseau existant des acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes.

www.ltdf.fr

 

L’EPE

L’Ecole des parents et des éducateurs soutient la fonction parentale.

www.epe-idf.com

 

GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)

Né en 1972 de la rencontre entre des travailleurs sociaux, des militants associatifs et des juristes, le GISTI œuvre pour l’égal accès aux droits et à la citoyenneté sans considération de nationalité et pour la liberté de circulation. www.gisti.org

 

GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles Féminines)

La Fédération nationale GAMS est engagée dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles et plus particulièrement les mutilations sexuelles féminines, les mariages forcés et/ou précoces et toutes les autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des filles.

http://www.federationgams.org

 

Maison des Femmes de Saint-Denis

Inaugurée en juin 2016, la Maison des Femmes de Saint-Denis accueille toutes les femmes vulnérables ou victimes de violence.

L’idée a germé il y a trois ans dans la tête du docteur Ghada Hatem, la chef de la maternité de l’hôpital de Saint-Denis : une maison où les femmes en difficulté sociale seraient soignées mais aussi écoutées. Un endroit où les médecins travailleraient de concert avec les travailleurs sociaux et les conseillères conjugales.

https://www.lamaisondesfemmes.fr/

 

Femmes de la Terre

Créée en décembre 1992, l’association a pour but de venir en aide aux femmes étrangères et aux femmes françaises ayant de la famille étrangère, confrontées à des problèmes administratifs ou juridiques liés au droit au séjour, à l’asile et à la nationalité. Elle apporte un soutien spécifique aux femmes étrangères victimes de violence.

https://www.femmesdelaterre.org

 

Osez le Féminisme !

L’association militante a pour objectif principal de mobiliser la société autour des droits des femmes, afin de faire évoluer les mentalités et progresser l’égalité entre les femmes et les hommes. Osez le féminisme ! est une association mixte, composée de bénévoles avec une moyenne d’âge de 25-30 ans. Créée en novembre 2009, l’association a pour principales activités l’écriture d’un journal bimestriel, la conception et l’organisation de campagnes de sensibilisation sur différents sujets intéressant les droits des femmes, l’organisation de rencontres-débats, conférences et formations ouvertes à toutes et tous.

http://osezlefeminisme.fr/

 

Délégué du Défenseur des Droits

Le Défenseur des Droits est une autorité administrative indépendante entrée en activité en mars 2011. Il regroupe les missions du Médiateur de la République, du Défenseur des enfants, de la HALDE et de la CNDS. Le Défenseur des Droits est saisi directement et gratuitement par toute personne s’estimant lésée par une administration, un service public ou s’estimant victime d’une discrimination ou par un enfant dans une situation mettant en cause son intérêt.

http://www.defenseurdesdroits.fr/fr/institution/presentation/

 

En Avant Toutes

L’association questionne les relations femmes-hommes, les inégalités, et les violences au sein du couple et de la famille. Elle se dit faite par des jeunes et pour les jeunes.

https://enavanttoutes.fr/

 

 HF Ile-de-France

Née en novembre 2009 à l’initiative de femmes et d’hommes travaillant dans le domaine du spectacle, de la radio et du cinéma, HF Île-de-France se rapproche de HF Rhône-Alpes, créée en 2008, et appelle à l’émergence d’autres antennes partout en France.

L’association HF Île-de-France a pour but  le repérage des inégalités entre les femmes et les hommes dans les milieux de l’art et de la culture, la mobilisation contre les discriminations observées, l’orientation des politiques publiques et de l’action artistique et culturelle vers l’égalité réelle femmes/hommes.

http://www.hf-idf.org/

 

ADSF (Agir pour le Développement de la Santé des Femmes)

Créée en décembre 2001, à l’initiative du Dr Bernard Guillon, l’ADSF a voulu répondre à un désintérêt pour la santé de genre et à un déficit d’acteurs dans le champ spécifique de la santé des femmes dans l’action humanitaire.

http://adsfasso.org/

 

AIDES

Créée en 1984, AIDES est la première association de lutte contre le sida et les hépatites en France et en Europe. AIDES intervient sur l’ensemble du territoire auprès des personnes séropositives et des populations les plus vulnérables au VIH et aux hépatites.

http://www.aides.org/

 

Le Filon

Le Filon est né en juillet 2016 de la volonté de co-construire un lieu avec les femmes à la rue. « Au Filon, nous pensons que les femmes de la rue sont une richesse pour la société. Parce qu’il est important qu’elles aussi en aient conscience, nous avons décidé de créer et faire vivre avec elles un lieu bienveillant et accueillant. Les femmes y sont accueillies, accompagnées dans les démarches et projets qu’elles souhaitent entreprendre et nous travaillons ensemble à valoriser leurs talents. Le Filon est un lieu ouvert sur le monde, où les femmes peuvent se poser, se reconstruire et être elle-même».

https://www.helloasso.com/associations/le-filon

 

Violette and Co

C’est une librairie voisine (102 rue de Charonne) consacrée aux textes et aux images qui mettent en valeur les femmes et les homosexualités sous toutes leurs formes.

Romans, essais, beaux livres, polars, BD, revues sont rassemblés dans un espace unique où se rencontrent les féminismes, les réalités — et les imaginaires — lesbiens, gais et trans, et toutes les questions de genre.

http://www.violetteandco.com/librairie/

 

Comité des Métallos

Le Comité Métallos est une association née en 2000 de la mobilisation pour la sauvegarde de la Maison des Métallos, devenue depuis équipement culturel de la Ville de Paris.

A  présent hors les murs, le Comité métallos, » agit-acteur  » de l’espace public, imagine et mène des actions culturelles, artistiques et collectives à partir d’un maillage local dynamique, autour de questions citoyennes telles que la condition des Femmes.

http://www.lesmetallos.org/

 

Exposition 

Le sport vecteur d’éducation à l’égalité femmes hommes

2017

8 mars – 8 avril

Palais de la Femme

 

La Collection France Demay

Avec la collection France Demay, nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale, alors que les Jeux Olympiques de 1936 à Berlin s’organisent. Elle nous offre un éclairage original sur ce Paris populaire  qui découvre et défend de nouvelles valeurs sociétales.

Nous nous retrouvons ainsi au cœur de ces nouveaux clubs sportifs d’ouvriers parisiens qui s’entraînent avec passion. Si l’on sent l’énergie d’un engagement sportif et politique, France Demay et son entourage sont aussi dans l’exaltation des tout premiers congés payés. On  les  retrouve au stade, en forêt, en montagne, à vélo, se mesurant à la course ou au plongeon. La vie défile au gré de la bonne humeur, des sourires, de l’énergie des corps.

La popularisation des  sports d’hiver n’en est qu’à ses débuts et nous les retrouvons en haut des cimes dès 1937, le dimanche est l’occasion d’un match de volley-ball en équipes mixtes avant l’heure de la mixité, l’Olympiade Populaire de Barcelone de 1936 est un moment important pour lui et sa femme, qui est membre de l’équipe féminine française de basket-ball.

 

Le quotidien n’est plus tout à fait banal, la volonté de faire acte de témoignage est affirmée, l’ordinaire et l’exceptionnel se succèdent dans les images de ce passionné. A la fois récit de vie et force symbolique, ces photographies ont la faculté de porter une mémoire collective à travers le récit d’une vie particulière.

 

Exposée pour la première fois à la Galerie Intervalle, dans le cadre du Mois de la photo 2014, la Collection France Demay est régulièrement exposée (Mairie de Paris 2016, Maison des Arts de Créteil et Mucem à Marseille 2017). Un ouvrage lui est consacré aux Editions Gallimard, « Un parfum de bonheur »  faisant dialoguer les images de France Demay avec la plume de Didier Daeninckx sorti en 2016.

 

L’exposition du 08 Mars au 08 Avril

La collaboration avec le Palais de la Femme aborde le corpus de la Collection France Demay sous un angle inédit. L’exposition que nous souhaitons présenter met  en lumière la place de la femme dans la société durant les années  30 et notamment au moment du Front Populaire. Le milieu ouvrier est alors précurseur dans l’émergence de nouvelles valeurs sociétales, en s’emparant de ce  temps libre fraîchement acquis et de  la découverte des activités de loisir.

Loin des préjugés, nous découvrons à travers les images de France Demay, des femmes engagées dans la vie sportive et militante, affirmant la mixité avant l’heure tout en défendant un rapport au corps empreint de liberté.

La collection est un véritable témoignage de ces acquis sociaux et de l’affirmation naissante des égalités hommes/femmes. En effet, Simone Demay, la femme et le modèle du photographe sera une des premières adhérentes de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, pratiquant l’athlétisme et le basketball. Membre de l’équipe féminine française de basket à l’Olympiade Populaire de Barcelone organisée en opposition aux Jeux de Berlin, elle pratique également le ski, le cyclotourisme.

Liberté féminine par la pratique du sport mais aussi par un rapport au corps libéré, avec l’apparition des premiers bikinis pour la baignade dans la Marne, le port du short et autres tenues vestimentaires.

 

Avec une dizaine de tirages en très grand format exposés dans le grand hall du Palais de la Femme, ce clin d’œil à ces femmes pionnières, libres et engagées dans leur époque,  rappellerait le besoin encore actuel de l’éducation à l’égalité homme / femme dans nos sociétés contemporaines.

 

www.collectionfrancedemay.com

 

Atelier d’écriture animé par Chloé Delaume :

Liberté, Parité, Sororité

 

Dans le cadre d’une résidence d’écrivaine à la librairie féministe voisine Violette and Co (102 rue de Charonne), Chloé Delaume propose durant l’année 2017, sous la devise Liberté, Parité, Sororité, un cercle de réflexion et de lecture participatif, axé sur la transmission de textes, de gestes, et la rencontre d’écrivaines et de passeuses. On y étudie notamment ce que contient le mot Sororité et ce que recèle aussi celui de Matrimoine.

Dans ce cadre, elle propose chaque mois un atelier d’écriture au Palais de la Femme ouvert à tous publics, et bien-sûr aux résidents eux-mêmes, qu’elle co-anime avec Catherine Bédarida.

Le 08 Mars, un atelier sera ouvert à tous et Chloé Delaume nous promet quelques invités surprise !

www.chloedelaume.net

 

Lectures déambulatoires et dansées :

 

– Improvisation dansée sur lecture par Isabelle Maurel et 4 autres danseuses professionnelles de la compagnie 6/8 Indigo.

– Auteure de fiction et poésie, journaliste culturelle (Le Monde, Mouvement), Catherine Bédarida anime des ateliers d’écriture créative avec des institutions culturelles (Théâtre de l’Odéon) et associatives. Le 08 Mars, elle interprètera des lectures performances de ses propres textes et de textes d’autres écrivains, avec la voix, le piano, l’improvisation.

 

https://www.facebook.com/catherine.bedarida

 

 Installation « Double Mixte » de Louise Caroline, artiste plasticienne et historienne

Exposée en avant-première au Palais de la Femme

 

En choisissant d’habiller un mannequin homme à taille humaine avec une « robe » écrue, en chanvre épais et rêche qui évoque l’âpreté de la lutte libertaire, Louise Caroline donne corps à un pan encore méconnu de l’histoire de l’émancipation féminine  — la collaboration des sexes dans ce long combat.

Le tissu (du latin texere, tisser et composer un ouvrage, et textum : tissu et trame d’un discours) est le matériau-support principal de l’artiste qui aime à dire qu’elle tisse sa propre toile. Cette chemise se prête donc tout particulièrement à cette « œuvre- texte ».

L’œuvre, à visée universelle, intimement associée à la littérature du féminisme et l’histoire des idées, interroge la nature de la lutte. Sur cette authentique chemise du XIXe siècle, portée à même la peau, qui protégeait les femmes du peuple des meurtrissures du corps à baleine (ancêtre du corset, lui-même « in-carnation » des contraintes sociales, politiques et religieuses qui ont longtemps empêché l’épanouissement de la femme), s’enchevêtrent, en deux couleurs, la couleur rouge pour les femmes, la couleur noire pour les hommes, les noms de ceux et celles, connus ou inconnus, ignorés ou oubliés, dont les actions ou les écrits (littérature, journaux, essais, discours, pamphlets etc.), au fil des siècles, ont contribué à combattre les préjugés contre les femmes et plaidé pour l’égalité des sexes: l’anglais Edward Carpenter y côtoie le français Elisée Reclus ; Condorcet, Stuart Mill ; Florence Nightingale, Germaine de Staël ou Olympe de Gouges …

La tête bicolore du mannequin, marquée par le rouge et le noir, symbolise la double part féminine et masculine de la psyché humaine. La tête ainsi accentuée se veut également une évocation des têtes que coupa la Révolution française à celles qui osèrent réclamer leurs droits…

Cette mise en scène entend bousculer les mentalités et idées reçues qui feraient de l’émancipation une affaire de femmes seules, et redonne une place légitime à tous les acteurs de son histoire. Elle invite non seulement le spectateur à dénouer les fils de ce « texte » mais surtout à (re)lire les textes fondateurs.

 

http://louise-caroline.weebly.com

 

Double Mixte

Des hommes et des femmes en lutte pour l’égalité des sexes

 

Le 09 Mars / 20h

 

Concert d’Art Lyrique avec Esperanz’Arts

Esperanz’Arts est une association à but non lucratif ayant pour mission de rendre l’art accessible aux plus démunis.
Née en 2012 de l’amitié entre Alexandra Soumm, Maria Mosconi et Paloma Kouider, l’association Esperanz’Arts regroupe aujourd’hui près de 60 artistes de renommée internationale. A l’invitation d’Esperanz’Arts, musiciens, danseurs, comédiens et photographes se produisent régulièrement et bénévolement auprès des personnes les plus démunies.

Esperanz’Arts intervient au sein de 16 structures auxquelles il est proposé une initiation à l’émotion musicale et artistique par le biais de concerts-rencontres. Un concert-rencontre, c’est en moyenne 1h30 de musique et d’échange entre les artistes et les personnes présentes.

Esperanz’Arts transmet l’espoir au travers des Arts, ainsi l’association tient elle à ce que des artistes évoluant dans différents domaines puissent collaborer autour d’un idéal commun : le partage.

Ce 9 Mars se produiront en concert :

Kyrie Kristmanson – Chant, guitare, trompette

Marion Rampal – Chant

Irina De Baghy – Chant

Pierre François Blanchard – pianiste

Louis Rodde – Violoncelle

Ismaël Margain – Piano, flute, saxophone

Thomas Enhco – Piano

 

www.esperanzarts.com

 

 


Vagins

Après une excision, le plaisir sexuel reste possible

Sexualité Chaque année 3 millions de femmes subissent des mutilations génitales. Toujours traumatisantes, parfois suivies de complications sévères, elles ne compromettent pas forcément l’épanouissement sexuel.


De quoi on parle Le 6 février dernier

a eu lieu la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Pour se souvenir que léser les organes génitaux de la femme sans raisons médicales a des conséquences potentiellement dévastatrices sur la santé physique, psychique et sexuelle. Aujourd’hui, environ 200 millions de femmes et de filles ont enduré des actes reconnus, au niveau international, comme une violation des droits fondamentaux.

Dans le monde, selon des chiffres de l’Unicef publiés en 2016, plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes ont subi des mutilations sexuelles. Quarantequatre millions ont moins de 14 ans. Une trentaine de pays africains (dont la Somalie, la Guinée, Djibouti, l’Egypte, la Gambie) pratiquent ces rituels, qui ont aussi cours en Asie (Indonésie, Malaisie), au MoyenOrient (notamment en Iran et au Pakistan) et dans certaines régions d’Amérique du Sud. Mais on les rencontre aussi dans des nations occidentales au sein de certaines communautés issues de ces pays. Chaque année, plus de 3 millions de jeunes filles sont ainsi mutilées.

On considère comme mutilation sexuelle féminine toute intervention qui lèse les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales et qui porte gravement atteinte à la santé. Il en existe quatre types. La clitoridectomie, d’abord, consiste en l’ablation partielle ou totale du gland du clitoris, et plus rarement seulement du prépuce (repli de peau entourant le clitoris). L’excision, ensuite, est l’ablation partielle ou totale du gland du clitoris et des petites lèvres (voir infographie), avec ou sans ablation des grandes lèvres. Le troisième est l’infibulation, rétrécissement de l’orifice vaginal réalisé en suturant une partie des petites ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris. La dernière catégorie regroupe toutes les autres interventions altérant les organes génitaux à des fins non médicales.

Un vrai traumatisme

Pratiqués le plus souvent dans des conditions d’hygiène précaires, ces actes peuvent entraîner des douleurs violentes, de la fièvre, une hémorragie, des infections (tétanos, VIH), des problèmes de cicatrisation, un état de choc et parfois le décès. «C’est souvent un moment dévastateur, source de grande peur et à l’origine d’un véritable traumatisme psychologique, déclare le Dr Francesco Bianchi-Demicheli, responsable de la Consultation de gynécologie psychosomatique et de médecine sexuelle aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). A cela peut s’ajouter un sentiment de trahison.»

Les conséquences à long terme sur la santé et le bien-être sont liées à la sévérité des mutilations, aux complications médicales (urinaires, gynécologiques, sexuelles) et à la douleur: «Après une infibulation, la femme peut rencontrer des problèmes urinaires (miction obstruée) ou menstruels (sang qui s’écoule difficilement), détaille le DrJasmine Abdulcadir, médecin à la consultation spécialisée dans les mutilations génitales féminines des HUG. Les douleurs, quel que soit le type de mutilation, peuvent être chroniques.» Il arrive aussi que la femme soit sujette à des infections uro-génitales à répétition, ait des lésions cicatricielles ou des kystes bénins parfois douloureux sur le clitoris.

Les secrets du clitoris

De telles séquelles ont évidemment des conséquences sur la vie intime. Leur impact varie néanmoins selon de nombreux facteurs individuels: l’étendue des lésions et la gravité des complications, l’image qu’a la femme de son corps, l’existence d’autres traumatismes, son âge ou son environnement social. «Les jeunes femmes issues de l’immigration qui grandissent ou vivent dans un pays où ces mutilations sont stig- matisées peuvent moins bien vivre leur sexualité que des femmes plus âgées vivant dans un environnement où ces rituels sont valorisés», explique la spécialiste. Mais contrairement à une idée répandue, les études montrent qu’il est possible pour ces femmes d’avoir du plaisir et des orgasmes. Et pour cause, dans le cas de l’excision, seule la partie externe du clitoris (le gland) est coupée. Or, «il ya à l’intérieur toute une structure complexe, mesurant entre 8 et 12 cm en moyenne, que peu de monde imagine», explique le Dr Bianchi-Demicheli. La petite boule visible est la conjonction de deux piliers qui convergent vers la symphyse pubienne et de deux bulbes vestibulaires, des structures symétriques qui entourent le vagin et l’urètre. Ces tissus très vascularisés et érectiles sont extrêmement riches en récepteurs nerveux, le clitoris étant l’organe le plus sensible du corps féminin. Par ailleurs, si ces femmes ont malgré tout accès au plaisir sexuel, c’est surtout parce que «la sexualité ne se résume pas à un organe et que le clitoris n’est pas la clé de tout», rappelle le sexologue. Se sentir belle, stimulée (par la voix, le toucher, les odeurs), avoir du plaisir à être avec l’autre, tout cela joue aussi un rôle, le désir étant une réponse psycho-physiologique multidimensionnelle. Sans oublier que le cerveau reste le grand chef d’orchestre de tout cela, puisque «des zones cérébrales hautement cognitives sont impliquées dans l’orgasme», complète le sexologue.

Réparations chirurgicales

Pour répondre aux besoins des femmes qui ont subi des mutilations, la consultation spécialisée des HUG offre une prise en charge multidisciplinaire, où les dimensions médicale, psychologique et culturelle sont prises en compte: «Nous explorons les fausses croyances en matière d’anatomie et de sexualité et offrons si nécessaire une éducation sexo-corporelle», illustre le DrAbdulcadir. La chirurgie (réexposition du clitoris, réouverture de l’orifice vaginal, par exemple) peut apporter un mieux-être, surtout en cas de douleurs chroniques. Mais, constate la spécialiste, la majorité des patientes qui n’ont pas de douleurs n’y ont pas recours au terme de la prise en charge. Confier ses souffrances, mieux connaître son intimité et savoir qu’une grande partie de son anatomie génitale reste intacte suffisent parfois à apporter une réparation physique et psychologique.

«Les douleurs, quel que soit le type de mutilation, peuvent être chroniques» Dr Jasmine Abdulcadir, consultation spécialisée dans les mutilations génitales féminines des HUG.

Bonus !

DE QUOI ON PARLE ?

Le 6 février dernier a eu lieu la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Pour se souvenir que léser les organes génitaux de la femme sans raisons médicales a des conséquences potentiellement dévastatrices sur la santé physique, psychique et sexuelle.

Aujourd’hui, environ 200 millions de femmes et de filles ont enduré des actes reconnus, au niveau international, comme une violation des droits fondamentaux.

LE CLITORIS ET LE PÉNIS ONT LA MÊME ORIGINE

Selon un rapport français de 2016 sur l’éducation sexuelle, un quart des filles de 15 ans ne savent pas qu’elles ont un clitoris, et 83% des filles de 13-14 ans ignorent sa fonction. Dans la population en général, l’anatomie réelle du clitoris reste également peu connue.

Et pour beaucoup, le vagin est considéré comme l’homologue féminin du pénis, alors que c’est le clitoris qui joue ce rôle. durant la vie embryonnaire, il existe un stade où les structures génitales sont les mêmes: «Jusqu’à 7 semaines, ces dernières sont indifférenciées, c’est-à-dire qu’elles peuvent évoluer en un clitoris ou en un pénis.

Selon la programmation génétique de l’individu et sous l’effet des hormones sexuelles, une différence est visible dès 11 semaines environ», explique le Dr Céline Brockmann, coresponsable du Bioscope, le laboratoire public des sciences de la vie de l’Université de Genève.

Dans le cadre d’un projet soutenu par la Fondation privée des HUG, le Bioscope prépare, pour les élèves du cycle d’orientation, une activité d’éducation à la santé fondée sur la science, sur le sexe et le genre. «D’un point de vue embryologique, il y a un continuum entre garçons et filles.

Comprendre les mécanismes du développement permet de sortir d’une vision binaire et purement anatomique du genre. Montrer qu’il n’y a pas une seule façon d’être fille ou garçon est important pour lutter contre les discriminations.»

LES MÊMES GÈNES QUE DANS LES DOIGTS

Saviez-vous que la fabrication des doigts et des organes génitaux externes (pénis et clitoris) mobilisait exactement la même machinerie génétique? C’est ce qu’a démontré il y a quelques années l’équipe de Denis Duboule, professeur au Département de génétique et évolution à l’Université de Genève et à l’EPFL, grâce à des expériences sur des souris qui lui ont valu une publication dans la revue Science.

«La partie du clitoris amputée «correspond» génétiquement aux mains et aux pieds, car les mêmes gènes y sont déployés avec les mêmes chaînes de contrôle. Pourquoi donc ne pas amputer les filles à la naissance des mains et des pieds?» s’offusque le généticien.

Les recherches ont en effet montré que le développement, chez l’embryon, de ces différentes extrémités (doigts et sexes) est réalisé par les mêmes gènes architectes (les gènes Hox). Et que ces derniers sont contrôlés, dans les deux cas, par le même système de régulation.

Source : Elodie LAVIGNE, Le Matin  http://www.lematin.ch/sante-environnement/sante/excision-plaisir-sexuel-reste-possible/story/10400044


Invitation lancement campagne 03032017 grand public

« Informé•e•s sur l’excision : la campagne pour prévenir et protéger les adolescent-e-s »

Excision, parlons-en !, en partenariat avec La Maison des Femmes de Saint-Denis  et La Société Littéraire, est heureuse de vous convier à l’événement de lancement de la campagne francophone (française et belge) : « Informé•e•s sur l’excision : la campagne pour prévenir et protéger les adolescent-e-s », le vendredi 3 mars 2017, de 10h00 à 12h00 au Studio Raspail (216 boulevard Raspail, Paris 14).

Ce projet inédit a vu le jour grâce à la participation de nombreuses associations du réseau Excision, parlons-en !, dont la Fédération Nationale GAMS

Inscription obligatoire (cliquez sur le lien suivant)  : https://goo.gl/forms/hbfinwz3obw4YQBv1

 


Action-Health-Inc3

#IDONT : l’ONU dit non aux mariages forcés

Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a lancé une campagne pour avertir de la réalité des mariages forcés. Un projet qui prend la forme d’une vidéo et d’un hashtag : #IDONT.

© Capture d’écran Youtube UNFPA

Les Nations Unies se sont engagées dans une campagne vidéo contre les unions forcées, fléau toujours bien présent et impuni dans certains pays. L’objectif de l’ONU : aborder ce sujet délicat, sans pour autant apeurer. Le lancement de cette initiative a été effectué le jour de la Saint-Valentin, fête des amoureux : une stratégie coup de poing pour éveiller les consciences alors que toutes les femmes ne se sont pas mariées par amour.

Cette vidéo, qui évoque la campagne #BeatMe au Pakistan et qui nous avertit contre les violences faites aux femmes, nous présente à plusieurs hommes et femmes de toute nationalité, déclarant la simple phrase « I Don’t ». A la fin de ce clip, l’UNFPA encourage le monde entier à aider ces filles aux destins brisés à dire « non » au mariage forcé.Depuis 1969, lorsqu’il a été créé, le Fonds des Nations Unies pour la Population se bat pour la santé et l’égalité des femmes. A l’occasion de cette nouvelle mobilisation, l’UNFPA a allié ses forces avec le photographe Vincent Tremeau, qui s’était déjà illustré dans un autre projet nommé « One Day I Will »,  consacré aux projets futurs de jeunes enfants issus de pays sous-développés.

Enfin, sur son site, l’UNFPA partage plusieurs témoignages de jeunes femmes ayant été obligés d’épouser un homme qu’elles n’ont pas choisi. Rupali Kimi, une jeune népalaise de 17 ans, partage son expérience sur cette plateforme : « Cela fait 5 ans que je suis mariée- depuis mes 12 ans- mais je ne vis pas encore avec mon époux ». Selon le site, « 1 jeune fille sur trois se marie avant l’âge de 18 ans » tandis que « 1 sur 9 se marie avant l’âge de 15 ans ».

Violation des droits de l’humain, le mariage forcé persiste dans les pays fragilisés par la pauvreté et limite les projets d’avenir des jeunes filles. Le film Noces, en salles, illustre très bien le sujet. Mariées très jeunes, elles deviennent également mères prématurément, ce qui mène vers de nombreux soucis pendant la grossesse et l’accouchement. L’UNFPA insiste : « Ces complications sont la cause principale de mortalité chez les adolescents dans les pays en voie de développement ». En Afghanistan, notamment, les filles mettent fin à leurs jours pour y échapper ; une mesure radicale et tragique qui, pour elles, pourrait mettre fin à leur calvaire.

Source : http://www.journaldesfemmes.com/societe/actu/1781228-onu-mariage-force/