Le nombre de mariages avant 18 ans pourrait baisser d’un tiers en éduquant les jeunes filles, montre une étude.

Une nouvelle étude vient de prouver – sans grande surprise – que l’éducation peut être la clé pour réduire le nombre de mariages des très jeunes filles. Le Guardian relaie une expérimentation menée au Bangladesh, le projet Balika (association bangladeshi du conseil populaire pour l’autonomie, les revenus et le savoir des adolescents), qui a conclu après 18 mois sur le terrain que l’éducation permettrait de faire baisser d’un tiers le nombre de mariages des jeunes filles avant leurs 18 ans.

Pour arriver à ces résultats, le projet Balika a octroyé à 9 000 jeunes filles âgées de 12 à 18 ans des cours de mathématiques, d’anglais, d’étudier leurs droits en tant que femmes, de développer leur esprit critique et de bénéficier de formations centrées sur un métier en particulier. Les résultats ont encouragé 34 des 72 communautés bangladeshies qui ont bénéficié de ce programme à continuer, notamment en payant des professeurs ou des tuteurs pour accompagner ces jeunes filles.

Avec environ 65% de ses jeunes filles mariées avant l’âge de 18 ans, le Bangladesh est le 4e pays qui compte le plus de mariages précoces, selon le groupement « Girls not Bride » (des filles, pas des épouses). L’UNICEF ajoute qu’un tiers des jeunes filles de ce petit pays ont la bague au doigt avant d’avoir fêté leurs 15 ans. Sajeda Amin, qui a mené le projet Balika, s’étonne de ces chiffres :

Ils sont étonnement hauts. Il y a eu beaucoup de progrès dans d’autres domaines – des investissements dans les écoles, réduction des naissances précoces.

L’âge légal du mariage au Bangladesh est d’ailleurs fixé à 18 ans pour les filles, et 21 ans pour les garçons. Mais cette règle est clairement bafouée. Selon l’UNICEF, la persistance du système de dot, bien qu’illégal lui aussi, joue son rôle dans cette tradition qui perdure : plus la mariée est jeune, moins la dot à offrir à la famille du futur marié sera importante. D’où l’empressement des familles de vouloir marier leurs filles.

Sajeda Amin croit au pouvoir de l’éducation pour changer ces coutumes :

Si nous voulons effectivement réduire le nombre de mariages d’enfants au Bangladesh, nous devons mettre en place des approches qui donnent du pouvoir aux filles, en engageant également leurs familles et leurs communautés. Ainsi les filles seront vues comme des atouts, non comme des fardeaux.

Sans compter que mariage précoce rime très souvent avec violences, contraction du VIH, ou encore grossesses précoces. La Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, avait annoncé au Girls Summit de Londres en 2014 vouloir mettre fin aux mariages des jeunes filles de moins de 15 ans d’ici 2021, et réduire de plus d’un tiers le nombre de filles mariées entre 15 et 18 ans. « Le pays a fixé l’horizon 2041 pour éliminer cette pratique », conclut le Guardian.

Par La Rédaction@8e_etage – 7 avril 2016

Source : 8ème étage