Un article publié le 22 avril 2020 par BMC Women’s Health nous offre le compte-rendu d’une étude réalisée aux Émirats arabes unis. Elle se penche sur la question de la pratique actuelle des mutilations sexuelles féminines. En voici le résumé :

 

Contexte :

Les mutilations sexuelles féminines sont une pratique commune dans les pays en voie de développement, dont les Émirats arabes unis, et représentent un problème de santé majeur.

Méthode :

Cette étude est basée sur un questionnaire distribué à 1035 participants : 831 femmes (80,3 %) et 204 hommes (19,7 %).

Résultats :

Le nombre de femmes qui ont subi des MSF est de 344, c’est-à-dire que 41,4 % des femmes interrogées sont excisées. Le type I est le plus courant (62,8 %), suivi du type II (16,6%) et du type III (5%). *

Les MSF sont moins pratiquées parmi les femmes qui ont bénéficié d’une éducation et qui travaillent, et ont surtout lieu durant la petite enfance ou l’enfance.

Parmi les participants, 13,7 % affirment que leurs filles ont subi des MSF, le type I étant le plus commun, et 25 % d’entre eux prévoient de faire exciser leurs futures filles selon le type I.

Alors que les MSF sont essentiellement pratiquées par des exciseuses (74,4 %), dans 25 % des cas, ce sont des professionnels de la santé qui s’en chargent. Dans 36,7 % des cas, les MSF sont pratiquées dans des lieux médicaux.

Environ 69 % des participants considèrent les MSF comme une coutume, 72,8 % sont contre la pratique, et seulement 17,4 % croient en sa légitimité (et donc sa légalité).

Les complications surviennent dans 30 % des cas. Leur fréquence dépend du type d’excision pratiqué. Il peut s’agit de saignements, de difficultés dans la vie sexuelle, ou lors de l’accouchement.

1/5 des participants masculins ont exprimé le désir de faire exciser leurs futures filles.

*Type I : ablation partielle ou totale du gland clitoridien (petite partie externe et visible du clitoris et partie sensible des organes génitaux féminins) et/ou du prépuce/capuchon clitoridien (repli de peau qui entoure le clitoris).

Type II : ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres (replis internes de la vulve), avec ou sans excision des grandes lèvres (replis cutanés externes de la vulve).

Type III : l’infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens (type I).

Conclusion

Les MSF restent une pratique répandue dans les Émirats arabes unis. Le manque de clarté dans la législation pour criminaliser cette pratique doit être résolu. Dans ce contexte, un plan national d’éducation et un véritable cadre juridique devraient être une priorité.

Pour retrouver l’intégralité de cette étude (en anglais) :

Al Awar, S., Al-Jefout, M., Osman, N. et al. Prevalence, knowledge, attitude and practices of female genital mutilation and cutting (FGM/C) among United Arab Emirates population. BMC Women’s Health 20, 79 (2020).