Boulsa, (AIB) –   Le directeur provincial de la solidarité Nationale et de la famille, rapporteur du conseil provincial du conseil provincial de lutte contre la pratique de l’excision ‘CPLCE’ Boureima Nacanabo a présidé une session de sensibilisation et de formation sur les  mutilations génitales féminines MGF le vendredi 24 Juin 2016 à Boulsa. Au cours de  la session initiée par l’association des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina, deux recommandations majeures ont été formulées à l’endroit des professionnels de santé.

Réduire le taux de prévalence de la pratique de l’excision de 87%  dans la région du centre-Nord et les derniers cas d’excision dénoncés au Namentenga, telles sont les raisons qui ont motivé  le choix de Boulsa pour abriter la session de sensibilisation, a d’emblée indiqué la représentante de la présidente de l’association des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina Boulkissa Konkobo/Kabré. En effet, au cours des deux dernières années, 30 filles ont été victimes de mutilations génitales féminines au Namentenga et une audience foraine s’est tenue le 10 février 2016 à Boulsa sur le  cas  de 11 filles victimes de l’excision.

 Abordant l’objet de la session, Mme Konkobo a fait une communication sur les mutilations génitales féminines. Les participants, à l’issue de la communication riche en renseignements, se sont focalisés sur les résultats de l’enquête de laquelle il ressort que 18% des prestataires de santé pratiquent l’excision par une chirurgie médicale. Emettant ainsi des réserves sur ces résultats, ils ont voulu connaitre le public ciblé et le mode de l’enquête. Selon les participants, la méconnaissance de l’anatomie physiologique de l’Homme en général, de la femme et du nouveau-né en particulier, peuvent être des sources de discrédits des professionnels de santé qu’ils sont. 

Pour eux,  le fait de voir le clitoris fendillé en deux ou l’écoulement du sang dans les organes génitaux du bébé à la naissance ne suffit pas pour incriminer un prestataire de santé. Ils ont également échangé sur des points relatifs  à la loi sur des personnes qui , délibérément demandent d’être excisées, au problème de fond des MGF, aux hommes qui répudient leur femme non excisée, à  la gratuite de prise en charge des séquelles de l’excision, à la stimulation  les meilleurs agents. Ils ont en outre recommandé aux uns et aux autres  à plus de  vigilance en cette période de vacances lors desquels se pratique particulièrement l’excision. Ils ont en outre suggérer de mener des sensibilisations occasionnelles notamment à l’endroit des   accompagnantes des femmes en travail  et qui ont des difficultés d’accouchement  liées à l’excision. 

 Satisfaite de la qualité des échanges et des résultats obtenus, Mme Konkobo a lancé un appel à ses pairs infirmières et maïeuticiens. « Ouvrez  l’œil sur  vos collègues pour qu’ils ne soient pas  tentés  de faire la chirurgie médicale. C’est illégal. Mais  redoublez d’efforts  sur le terrain car l’excision perdure», a-t-elle déclaré. Le directeur provincial de la solidarité Nationale et de la famille Boureima Nacanabo a pour sa part remercié et félicité les participants,  l’association et le représentant du Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre la pratique de l’excision pour leurs diverses  contributions. 

 Jean-Baptiste DAMIBA

Source AIB.bf