Cette augmentation serait notamment liée à la pandémie de Covid-19, qui pousse les familles appauvries à marier leurs enfants. C’est un triste chiffre que dévoile l’ONG Save the Children, qui défend les droits des enfants dans le monde. Près de 500.000 jeunes filles mineures de plus pourraient être contraintes de se marier en 2020, explique un nouveau rapport de l’association internationale.

Ce demi-million d’enfants vient s’ajouter aux «12 millions de filles qui sont mariées chaque année, dont 2 millions avant leur 15e anniversaire», annonce dans un communiqué Inger Ashing, PDG de Save the Children International. Au total, l’organisation prévoit 2,5 millions d’unions de ce type supplémentaires au cours des cinq prochaines années.

Parmi les régions les plus touchées par ce phénomène, on trouve en tête l’Asie du Sud, avec près de 200.000 mariages de jeunes filles de plus cette année. Suivent l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest (90.000 filles concernées), l’Amérique latine et les Caraïbes (73.400), l’Asie de l’Est et le Pacifique (61.000), l’Europe et l’Asie centrale (37.200) ainsi que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (14.400). Étant donné qu’il ne s’agit là que des cas connus de l’ONG, ces chiffres représenteraient seulement la «pointe de l’iceberg», précise Inger Ashing.

Conséquence directe de la pandémie

L’augmentation de ce type d’union serait directement liée au Covid-19. La fermeture des écoles a entraîné le retour des enfants dans leurs foyers, souvent appauvris par la pandémie et touchés par la perte d’emplois, explique CNN. La pauvreté pousse les parents à faire travailler leurs enfants pour subvenir aux dépenses du foyer ou bien à les marier pour qu’ils ne soient plus à leur charge.

Outre les mariages forcés, qui concernent aussi des jeunes garçons, la crise du Covid-19 a plongé dans la pauvreté des millions d’enfants. L’Unicef estime que depuis la pandémie, 150 millions d’enfants de plus qu’avant vivent désormais dans une pauvreté multidimensionnelle –sans accès à l’éducation, à la santé, au logement, à la nutrition ou à l’eau.

Enfin, la pandémie risque également de faire exploser le nombre de cas de mutilations génitales féminines dans le monde, notamment chez les jeunes filles, alerte le Fonds des Nations unies pour la population. L’organisme prévoit plus de 2 millions de cas supplémentaires sur les dix prochaines années.