Les organisations de défense des droits des femmes – Equality Now, Institute for Human Rights and Development in Africa (IHRDA), l’Association Malienne pour le Suivi et l’Orientation des Pratiques Traditionnelles et l’Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes ont déposé une plainte devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Abuja, au Nigéria, pour contester le fait que le Mali n’ait pas interdit les mutilations sexuelles féminines.

Au moins 89% des femmes et des filles maliennes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de cette pratique néfaste, 73% des filles maliennes subissant l’excision avant leur 15e anniversaire, selon l’Enquête Démographique et de Santé 2018. Les MSF de type II (excision) sont la forme la plus courante, touchant 48,9% des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans.

En dépit des efforts concertés d’Equality Now et de ses partenaires à exhorter le gouvernement du Mali à élaborer et à appliquer une loi criminalisant les MSF, ceci ne s’est pas encore produit.

« Nous avons lancé plusieurs appels au Mali au cours des 18 dernières années, l’exhortant à honorer ses obligations nationales, régionales et internationales de protection envers les femmes et les filles contre cette pratique néfaste. Cependant, ceci n’est toujours pas fait, et nous ne pouvons plus rester à ne rien faire car des milliers de femmes et de filles au Mali continuent d’être soumises aux MSF », a déclaré Faiza Mohamed, directrice du bureau d’Afrique d’Equality Now.

En juin 2020, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) a signalé que le fait que le gouvernement malien n’avait pas pu criminaliser les MSF mettait en danger la vie et le bien-être des femmes et des filles dans le pays. Equality Now a accueilli favorablement les conclusions du Comité et a réitéré ses appels au Mali, le pressant de protéger les femmes et les filles contre cette pratique néfaste.

Le Directeur exécutive d’IHRDA, Gaye Sowe, a expliqué que l’affaire avait le potentiel d’établir un nouveau jalon dans la jurisprudence des droits des femmes et des filles en Afrique : « Cette affaire inciterait non seulement la Cour de la CEDEAO à rendre une décision contraignante sur la situation des MGF au Mali, mais établirait également un précédent juridique et une norme applicable non seulement au Mali et en Afrique de l’Ouest, mais dans toute l’Afrique dans son ensemble. »

Source : Maliactu.net

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