La Foire Aux Questions

Tu te poses des questions sur les pratiques traditionnelles néfastes comme les mutilations sexuelles féminines et les mariages précoces | forcés ? Tu es au bon endroit 😉

Les mutilations sexuelles féminines

Cette foire aux questions a été élaborée par et pour le site Alerte.excision.org

Est-ce que ça fait mal d’être excisée ?

Les mutilations sexuelles féminines ont lieu le plus souvent dans de mauvaises conditions d’hygiène avec un outil (couteau, lame, rasoir) pas désinfecté, sans anesthésie et en utilisant la force. Elles sont donc la plupart du temps douloureuses et traumatisantes le jour même, durant la cicatrisation et tout au long de la vie. Par ailleurs, même quand elles sont réalisées sous anesthésie et dans un milieu plus médicalisé, les mutilations sexuelles féminines ont des conséquences à moyen et à long termes sur la santé des femmes.

Qu’est-ce qu’une mutilation ?

Une mutilation c’est la perte partielle ou totale d’un membre ou d’un organe du corps humain.

C’est quoi un clitoris ?

Le clitoris est un organe féminin dont l’extrémité est visible au niveau des parties génitales externes (sexe) et capable de se redresser en devenant dur et gonflé lors d’une excitation sexuelle. La partie visible est petite, mais à l’intérieur de ton corps, e clitoris fait environ 10cm ! Cet organe est l’équivalent du gland chez l’homme. Une fonction du clitoris est de procurer du plaisir à la fille/femme.

Qu’est-ce que les lèvres de la vulve féminine (petites et grande) ?

Les lèvres sont des replis de la peau qui ont une fonction protectrice pour l’entrée du vagin, le clitoris et l’urètre.

Qu’est-ce que l’infibulation ?

Il existe d’autres types de mutilations sexuelles féminines : l’infibulation en est une. C’est le fait de couper puis d’accoler ou de coudre entre elles les grandes lèvres du sexe féminin et de ne laisser qu’une petite ouverture pour l’urine et les règles. La couture est coupée avant le mariage pour les relations sexuelles.

Qu’est-ce que l’orifice vaginal ?

C’est le vagin ; il est situé à l’intérieur du corps, en avant du rectum et en arrière de la vessie. Son entrée est au niveau de la vulve et des petites lèvres. C’est le conduit duquel s’écoule le sang des règles ; il est très élastique, c’est par là que le bébé sort lorsqu’une femme accouche.

Pourquoi l’excision est-elle encore pratiquée ?

L’excision est une tradition dans de nombreux pays. C’est-à-dire que les familles ont l’habitude de faire ça depuis des générations, depuis plus de 2000 ans ! Et comme elles en ont l’habitude, elles continuent à le faire parce qu’elles pensent qu’il faut respecter les traditions. Malheureusement certaines traditions sont néfastes.

Quelles que soient les raisons invoquées, on excise pour contrôler la sexualité des filles et des femmes. N’oublie pas que ton corps t’appartient. N’oublie pas non plus qu’il peut te donner du plaisir.

Est-ce que l’excision est une pratique religieuse ?

Non, l’excision n’est absolument pas imposée, exigée, ni conseillée par les religions, c’est une coutume. On entend parfois dire que l’excision est islamique. C’est faux : Le Coran n’en dit mot et aucun commandement du Prophète ne l’impose ou le recommande ; lui-même n’a jamais fait exciser ses filles. D’ailleurs, aucun texte religieux (Bible, Thora, Coran…) ne mentionne l’excision. C’est une tradition néfaste et très dangereuse pour la santé des filles et des femmes.

Où l’excision est-elle pratiquée ?

L’excision est surtout pratiquée en Afrique, au Moyen–Orient et dans certains pays d’Asie (Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Inde, Pakistan), mais elle existe également en Amérique du Sud (Colombie, Pérou). Vivre en Europe, en Australie, au Canada ou aux Etats-Unis ne protège pas les filles et les femmes de l’excision. En effet, dans ces pays l’excision n’est pas une tradition mais elle peut être pratiquée par certaines familles. C’est ainsi par exemple, que des jeunes filles françaises et belges sont excisées durant les grandes vacances pendant un voyage dans le pays d’origine de leurs parents.

Les mariages forcés | précoces

Cette foire aux questions a été élaborée à partir du Guide Lutter contre le mariage forcé, réalisé par l’ADRIC et Voix de femmes.

Quand parle-t-on de mariages forcés ?

Le terme « mariage forcé » est employé dans les cas où la personne concernée n’a pas fait le choix de se marier et que son droit à refuser le mariage n’est pas respecté par l’ensemble ou une partie de son entourage familial ou communautaire.

Au regard du droit des individus à la liberté et à l’autonomie, ainsi que des lois qui garantissent ce droit, il est important de respecter deux exigences au mariage :

  • Le consentement
  • L’âge minimum légal, fixé à 18 ans dans de nombreux pays.

Malheureusement, dans le cadre d’un mariage forcé, l’une et/ou l’autre de ces exigences sont bafouées. Certaines familles marient de force leur enfant de manière exclusivement coutumière en attendant sa majorité.

Quelle est la différence entre un mariage forcé et un mariage arrangé ?

Le mariage forcé se manifeste par l’absence de consentement formalisé par un refus exprimé avant ou après le mariage. Le mariage forcé s’accompagne de violences psychologiques, physiques ou sexuelles. L’absence de consentement intrinsèque au mariage forcé transforme toute relation sexuelle, entre les deux parties, en viol.

Le consentement apparent des deux parties, dans un mariage arrangé, peut être vicié par des contraintes imposées à l’une ou l’autre partie. L’analyse des contraintes, a fortiori lorsqu’elles ont été perpétrées dans un contexte de violences psychologiques, est nécessaire pour distinguer ce qui pourrait être un mariage de raison entre deux adultes consentants d’un mariage imposé à l’une des parties en raison de son jeune âge ou de son manque d’autonomie.

Les critères du choix et du consentement libre et éclairé sont fondamentaux dans l’identification d’un mariage forcé. Il est donc essentiel de ne pas confondre le consentement avec le fait de « céder ».

En quoi le mariage forcé menace-t-il la liberté amoureuse ?

Les mariages forcés cristallisent la confrontation entre le désir de liberté et d’autonomie des jeunes filles (ou des jeunes garçons) et la volonté des familles de les marier selon des schémas traditionnels. Les parents qui y recourent, s’opposent à la liberté, à l’émancipation et à l’indépendance de leur(s) enfant(s). Ce genre de conflit, quand il ne se règle pas dans le respect du choix des enfants, aboutit à une opposition des parents, bien souvent violente. Cette opposition repose notamment sur des peurs et des idées fausses au sujet de la liberté – héritées du patriarcat – et plus particulièrement de la liberté sexuelle.

Qui sont les victimes du mariage forcé ?

Dans la quasi-totalité des situations, les victimes sont des filles, âgées de 15 à 30 ans.

Le mariage forcé ne s’exerce pas dans une culture ou une religion particulière. Les jeunes filles et les femmes concernées sont originaires de différents pays. Elles sont nombreuses à être binationales, titulaires de la nationalité française et de celle de leur pays d’origine. Dans des cas moins nombreux, les victimes sont des primo-arrivantes arrivées en France par le regroupement familial. Elles peuvent aussi être sans-papiers. Depuis 2014, les associations observent une recrudescence de femmes se réfugiant en France en raison d’un mariage forcé dans leur pays d’origine. Ces jeunes filles et ces femmes sont issues de tous les milieux sociaux : milieu populaire, mais aussi classe moyenne, voire classe supérieure.

Et les garçons ?

Dans des cas plus rares, les victimes de mariage forcé sont aussi des garçons, de diverses origines. C’est souvent à l’initiative de leur petite amie qu’ils font appel à une association. Dans d’autres cas, ce sont de jeunes homosexuels ou des jeunes hommes en situation de handicap. Les conséquences d’un mariage forcé, pour un garçon, sont de nature différente.

Comprendre l’expérience différenciée du mariage forcé pour les filles et les garçons :

L’histoire du mariage montre qu’il n’est pas une institution neutre, mais le reflet de l’organisation sociétale de la gestion de la sexualité et de la hiérarchisation des rôles au sein de la famille. Dans le mariage forcé, cette hiérarchisation est exacerbée. Une fois mariés, l’homme et la femme composent avec les rôles de l’époux et de l’épouse, définis par l’ordre patriarcal. Or, ces rôles ne sont pas équivalents et n’impliquent pas les mêmes obligations pour les hommes et les femmes. Ainsi, comme l’observent les acteurs sur le terrain, un homme marié de force aura la liberté (ou plus de liberté) de mener une double vie et de compenser la frustration liée au mariage forcé, alors qu’une femme mariée de force, tant qu’elle reste sous l’emprise de sa famille, pourra difficilement échapper aux viols répétés, et restera enfermée dans un rôle procréatif et maternel.