LES HOMMES S’ENGAGENT : Au Mali, Siaka Traoré fait de « la lutte contre l’excision, le combat de sa vie »

Enfant, il a vu sa mère pratiquer l’excision à Koya, son village natal, dans la région de Koulikoro. Grand, il est devenu l’une des principales figures de la lutte contre cette mutilation sexuelle dans son pays. Portrait d’un homme qui a fait d’une question, considérée jusque-là comme exclusivement féminine, le combat de sa vie.

« J’étais jeune. Je me rappelle que dans un village voisin de Koulikoro, 33 filles de la même génération avaient été regroupés pour être excisés. Il y a eu deux décès. J’ai demandé des explications à ma mère qui m’a dit que ce sont des sacrifices pour les 31 autres restantes ». Quand Siaka Traoré, 50 ans,  raconte cette histoire, il ne peut s’empêcher de fermer les yeux et s’arrêter de temps en temps pour digérer « la douleur qu’il a ressentie ce jour-là ».

 

Avant de poursuivre : « Pour ma maman, l’heure, c’est-à-dire très tôt le matin, qu’elle avait instruite à l’exciseuse de ce village voisin n’avait pas été respectée. Les sorciers ont ainsi eu le temps de se mêler à la pratique, d’où le sacrifice des deux filles ».

Prise de conscience

Siaka admet aujourd’hui qu’il croyait alors à ces explications entièrement basées sur la tradition, même si « c’était choquant ». A l’époque, sa mère, exciseuse elle-même, était souvent consultée par les villages voisins sur les jours propices pour procéder à la pratique.

Siaka Traoré vit avec ce souvenir jusqu’au début des années 1990, lorsqu’il reçoit un matin dans son magasin à Hamadallaye ACI, quartier d’affaires de Bamako, la visite de Suzanne McLaucas. Directrice de Healthy Tomorrow, une ONG basée à Boston aux USA, cette américaine est connue au Mali pour ses nombreuses activités contre l’excision.

« Je la voyais dans le quartier presque tous les jours sur son vélo avec des affiches », raconte-t-il. Ce jour-là, « elle m’a parlé de l’excision, de ses conséquences, des risques que les victimes encourent », poursuit Siaka Traoré. Ce dernier dit avoir tout de suite fait le lien entre ce qu’il venait d’entendre et la scène « atroce » qu’il a vécu quelques années plus tôt près de son village. Il ne s’agissait donc pas de « sacrifices », mais bien d’une pratique qui a mal tourné. « Elles sont mortes d’hémorragie. Elles ont été vidées de leur sang, voilà la vraie explication », se rend-il compte, révolté.

Des jeunes filles venues de la Guinée et du Burkina Faso

Voilà comment celui qui est aujourd’hui l’un des principaux contestataires de la pratique de l’excision au Mali s’est retrouvé dans la lutte. « Après mes échanges avec Suzanne, j’ai récupéré des affiches que j’ai mises devant ma porte, dans la rue et un peu partout », explique celui qui est désormais à la tête de l’ONG malienne Sini Sanuman («Pour un lendemain meilleur », en français).

Créée en 2002, l’ONG de droit malien regroupe 56 associations et est présente dans pratiquement tout le pays… Depuis, il a fermé sa boutique à Hamadallaye ACI pour devenir un agent de sensibilisation à temps plein…

« Je me rappelle de la fois où j’ai été forcé d’assister, à Bamako, à l’excision de 37 filles, dont treize expatriées venues de la Guinée et du Burkina, affirme-t-il. La famille organisatrice m’a expressément convoqué, me défiant d’aller la dénoncer. J’ai encore vu des petites enfants innocentes se tordre de douleurs. J’ai beaucoup pleuré ce jour-là », raconte ce père de quatre enfants, les yeux fermés et les mains serrées, le regard vers le ciel.

« C’est quelqu’un dont l’engagement n’a pas d’égal. Il ne s’est pas engagé parce qu’il avait pas d’emploi, il est profondément contre l’excision », témoigne un membre de son association. Un engagement qui lui coûte, également. Siaka Traoré affirme avoir fait l’objet de menaces de mort téléphoniques régulièrement depuis qu’il a amorcé son combat.

Je voudrais une loi pour les parents qui ne veulent pas que leurs filles soient excisées…

Et s’il est une chose que Siaka ne digère pas, c’est que des ressortissants de pays voisins où la pratique est interdite envoient leurs filles se faire exciser au Mali. En effet, dans le pays, si la pratique est interdite aux agents de santé et aux médecins, aucune loi ne l’interdit formellement. Flou juridique que Siaka Traoré impute à un manque de volonté politique.

« Je cherche une loi pour les parents qui ne veulent pas que leurs filles soient excisées et qui ne peuvent rien faire contre. Je voudrais qu’ils aient le moyen d’envoyer ceux qui la pratiquent en prison », explique-t-il.

Faible volonté politique

Aux côtés de Suzanne McLaucas, et fort de l’ONG qu’il préside, il tente de faire adopter une loi contre l’excision. Mais le duo se heurte à des réticences au sein même des acteurs de la lutte, qui refusent d’adhérer au « Pacte contre l’excision »que propose Sini Sanuman. La pétition, qui a déjà recueilli plus de 68 000 signatures, a pour vocation de faire levier pour saisir, une nouvelle fois, les autorités.

En 2007, l’ONG avait déjà saisi le président de l’Assemblée nationale avec 30 000 signatures, puis en 2010, l’ONG était revenue à la charge avec 50 000 signatures.

Aujourd’hui, Sini Sanuman, qui fonctionne grâce aux cotisations de ses membres et, surtout, au financement des partenaires tels que la Coopération belge, l’Unicef, le ministère allemand des Affaires étrangères et d’autres ONG partenaires. Sini Sanuman compte quatre centres dans tout le pays, dans lesquels elle assure la prise en charge, la formation et la réinsertion socio-économique de jeunes filles, dont certaines sont des victimes de l’excision.

L’ONG est parvenue à faire cesser l’excision dans environ 12 villages depuis sa création. Mais Siaka Traoré réussit quelque chose d’encore plus important à ses propres yeux : faire abandonner cette pratique à sa propre mère. « Dans mon village, je ne peux pas dire avec certitude qu’il n’y a plus d’excision, mais beaucoup de gens ont compris la dangerosité de cette pratique », soupire-t-il.

Par  – à Bamako

Source : Jeune Afrique


[Témoignages] Mali : l’excision, un business lucratif… pour les féticheurs aussi

Au Mali, il n’existe aucune loi pour interdire les mutilations génitales comme l’excision et l’infibulation, qui y sont pratiquées depuis des générations sur des fillettes sans défense. La force de la tradition n’est pas seule en cause : la pratique, qui concerne jusqu’à 91% des femmes d’entre 15 et 45 ans selon des enquêtes nationales, constitue aussi un business très lucratif… non seulement pour les exciseuses mais aussi pour les féticheurs.

« À partir de dix ans, j’ai commencé à me rendre compte que je n’étais pas comme les autres filles de mon âge. J’avais dû mal à uriner normalement, contrairement aux autres ». La voix basse, la tête légèrement baissée et bavarde des pieds, Nafissa a aujourd’hui 20 ans. Elle avait à peine 40 jours en ce mois de mai 1997 quand sa mère l’a prise dans ses bras pour l’amener chez l’exciseuse du quartier, à Bamako. Comme ses huit autres sœurs avant elle. Et surtout « comme l’exige la tradition », lui a-t-on raconté plus tard.

Toute petite à l’époque, elle n’a pas de souvenir conscient de la douleur. « Mais à la moindre égratignure, je me dis que c’est sûrement pire que cela », affirme-t-elle, le regard fuyant. De la douleur, elle en a pourtant senti en grandissant. Surtout à partir de l’âge de dix ans. « Les lèvres étaient collées et je ne pouvais pas uriner. Ou quand j’y arrivais, l’urine se partageait en deux et je me tordais de douleur », raconte Nafissa.

Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force

Elle en souffre plusieurs semaines. Sa mère pense-t-elle l’emmener à l’hôpital ? Elle décidera plutôt de se rendre chez une autre exciseuse pour lui « rouvrir les lèvres » et qu’elle « puisse avoir l’urine facile ». En clair, il faut à nouveau de la terre battue, une lame ou un couteau trempé d’abord dans l’eau puis rougi au feu pour inciser la cicatrice vieille de dix ans. Le tout, bien sûr, sans anesthésie.

« Ils choisissent un coin isolé. Pour moi, c’était dans les toilettes. On m’a couché sur le dos, au sol. Elles ont écarté mes jambes… » Quelques secondes de silence, très longues, puis elle ajoute : « Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force », explique Nafissa, aujourd’hui étudiante en première année de sciences économiques. Elle poursuit : « Je criais, pleurais et je me débattais de toutes mes forces. » Face à ses cris de détresse et avant même qu’on ne la touche, sa mère, présente, change d’avis et exige qu’on libère sa fille. « J’ai eu de la chance », affirme-t-elle du bout des lèvres.

Consommer le mariage avant que la cicatrice ne se referme

De la chance, Nafissa en a effectivement eue, selon Mariam Seck. Membre de l’association « Sini Sanuman » [Un lendemain meilleur, NDLR] qui lutte contre l’excision depuis 2002, cette diplômée en sciences de l’éducation connaît bien les mutilations génitales et les moindres recoins de Bamako où elles sont pratiquées. « J’ai déjà vu des cas pareils. Et très souvent, c’est au lendemain du mariage qu’on ramène la fille chez l’exciseuse pour la désinfubilation. On s’empresse ensuite de dire au mari de vite consommer le mariage avant que le sang coagule encore [que la cicatrice se referme, NDLR]. Vous comprenez la douleur que la jeune fille peut sentir ? »

Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maîtriser mes désirs

Comme Nafissa, plus de 60 % des filles sont excisées à l’âge de moins d’un an au Mali. Ce chiffre frôle les 90% quand on l’élargit à celles qui subissent la pratique avant leur dixième anniversaire. À Bamako, la pratique est quotidienne. Un lundi matin, à Banconi, quartier populaire à la rive gauche de Bamako, un groupe de jeunes filles et de garçons est devant une boutique, à écouter une radio. Dans le brouhaha de la circulation routière, chacun tend l’oreille pour entendre les mots de Chouala Baya Haïdara, un jeune prêcheur bamakois, sur l’excision.

« Quelqu’un a déjà vu une personne tuée par l’excision ? Personne ! », vocifère le jeune prêcheur sur les ondes, la voix énergique. « Il a raison. Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maitriser mes désirs », affirme dans l’assistance une jeune fille d’une vingtaine d’années.

Des propos qui mettent Mariam Seck hors d’elle-même : « Mais on l’expose plutôt, car bientôt elle va chercher désespérément le désir sexuel qu’elle devrait avoir avec ses organes au complet. » Maimouna Dioncounda Dembélé, spécialiste dans la prévention des violences basées sur le genre confirme : « J’ai fait une étude pour un journal suisse où on a effectivement découvert que la plupart de ces femmes ont beaucoup de mal à retrouver leur plaisir sexuel normal. » Désespérées, certaines d’entre elles vont jusqu’à consommer des produits aphrodisiaques, selon Maimouna.

« Pour les adultes, ça coûte 10. 000 FCFA »

Pour comprendre la persistance du phénomène, la force de la tradition n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Il faut dire qu’une réelle économie de l’excisions’est développée. Dans le quartier populaire de Banconi à Bamako, Oumou Ly est bien connue. Exciseuse de son état depuis au moins cinq ans, elle n’excise que les bébés. Comme ses sœurs, cette femme d’environ la quarantaine tient la pratique de sa mère qui l’a reçue elle aussi de sa mère… Oumou ne travaille que les lundi et jeudi, deux jours où les accidents sont censés être peu fréquents, selon la croyance populaire. Elle n’a pas souhaité nous parler, mais Mariam Seck la connaît très bien pour l’avoir sensibilisée à de nombreuses reprises afin qu’elle abandonne sa « profession ».

Elle l’a notamment « retrouvée à son domicile les mains trempées de sang » à plusieurs reprises. « Elle peut exciser une quarantaine de fillettes chaque lundi et autant le jeudi d’après », affirme Mariam. Un nombre de « clients » suffisant pour qu’elle gagne entre 200 et 300 000 FCFA par semaine, soit quatre à cinq fois le smig du pays. Des informations confirmées par une ancienne exciseuse : « Vous pouvez gagner beaucoup d’argent. Pour les adultes, ça coûte 10 000 FCFA par personne. »

À 62 ans, cette femme a arrêté la pratique après qu’une de ses clientes a failli mourir d’une hémorragie. Elle n’a pas « le courage » de nous raconter ce qui s’est passé, mais elle « a eu la peur de sa vie. » Une expérience qui n’étonne pas ce membre l’association Sini Sanuman, qui a préféré garder l’anonymat : « De nombreux cas de décès nous ont été rapportés. Quand les victimes commencent à perdre du sang, en général les exciseuses préfèrent les garder plutôt que de les amener en urgence dans un centre de santé, par peur. »

Que deviennent les organes mutilés ?

« Si les arguments religieux et traditionnels sont souvent évoqués pour continuer à mutiler les jeunes filles dans le pays, l’aspect financier de cette pratique est aussi très important », estime Siaka Traoré, président de l’ONG Sini Sanuman. Pendant les séances de sensibilisation, elles sont des dizaines à déclarer abandonner l’excision. Mais une fois les regards détournés, elles reprennent la lame. « Quand je le faisais, je pouvais sentir la douleur que les filles ressentaient, mais pour moi c’était nécessaire non seulement par croyance, mais aussi pour vivre. C’est un travail », explique notre ancienne exciseuse.

Un « travail » qui ne s’arrête pas seulement à l’ablation des organes féminins. « Je ne l’ai jamais fait, mais je sais que ceux-ci sont donnés à des charlatans pour leurs travaux », poursuit-elle, précisant qu’elle se contentait « de les enterrer. » Avant d’ajouter que certains organes, notamment le clitoris, « sont séchés et mélangés à des poudres ou des pommades. »

L’utilisation des organes féminins par les charlatans est l’un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision

« L’organe est commercialisé partout. Les marabouts, tout le monde s’approvisionne. On dit par exemple que si une femme et son mari sont en désaccord, il faut travailler sur ces organes là pour les réconcilier », renchérit Siaka Traoré, révolté. Il y a aussi les hommes qui recherchent du pouvoir et à qui l’on a fait croire que de mettre des lubrifiants composés de ces organes les rendra aimés et désirés par tous. »

Au sein des militants de la lutte contre l’excision, il ne fait aucun doute : l’utilisation des organes féminins par les charlatans est même « un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision. Avant, on égorgeait les êtres humains pour les fétiches, aujourd’hui on récupère le sang des jeunes-filles pour les mêmes fétiches », commente Siaka Traoré, dont la mère est elle-même une ancienne exciseuse.

Un avant projet de loi sur la table du gouvernement

Au Mali, les médecins et les agents de santé n’ont pas le droit de pratiquer l’excision, mais aucune loi ne l’interdit formellement. Et en 2016, quand le ministre de la Justice s’est engagé à prendre une loi sur le sujet avant le 31 décembre 2017, il a suscité une vague d’indignation dans les milieux religieux, notamment au sein du Haut conseil islamique.

Va-t-il avoir le courage de tenir parole ? Depuis le mois de juillet, un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre est enfin sur la table du gouvernement. Ses défenseurs espèrent que le texte « ne va pas être excisé et amputé des points les plus importants. » Nafissa, elle aussi, est au courant de cette initiative et espère que le texte sera bientôt voté. Soignée aujourd’hui par Sini Sanuman, elle connaît les conséquences de l’excision. « Il y a notamment la stérilité et ça me fait peur, relève-t-elle. J’y pense souvent et à chaque fois ça me donne envie de pleurer. »

Par  – à Bamako

Source : Jeune Afrique


[Témoignages] Les Fleurs Coupées – Livre du Groupe de paroles du GAMS Rhône-Alpes – A commander

Le GAMS Auvergne-Rhône-Alpes a animé un groupe de paroles de femmes victimes des mutilations sexuelles féminines en 2015 et 2016.

D’un commun accord, Amina, Mariam, Kadiatou, Oumalkher et Outya  ont souhaité publier un livre qui témoigne de leurs expériences, de leurs souffrances de fillettes puis de femmes « pour qu’un jour cela cesse ».

Dans des témoignages poignant recueillis par l’écrivaine Sylvie Callet, elles dénoncent avec courage la dangerosité de l’excision et en soulignent les lourdes conséquences physiques et psychologiques.

Elles ont elles-mêmes choisi le titre de ce recueil : Les fleurs coupées. Témoignages de femmes excisées « Plus jamais ça ! », symbole de leur féminité volée.

Leurs paroles sont relayées par Sari, un homme activement engagé dans la lutte contre les mutilations sexuelles féminines et illustré par Mathieu Rebière.

L’ouvrage est vendu au prix de 12,50 €.

Vous pouvez le commander directement à GAMS Rhône-Alpes, 292 rue Vendôme, 69003 LYON, 04.72.61.13.11., gamsrhonalpes@gmail.com


Formation Education à la sexualité et lutte contre les violences, à l’école – samedi 14 octobre – Paris

 

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Programme

 

10h – 10h15 : Accueil.

 

10h15 – 10h25 : Présentation de la journée par Annie-Laurence Godefroy, médecin, secrétaire générale adjointe de la CLEF en charge de la commission droits sexuels et reproductifs.

 

10h25 – 10h45 : L’enquête du LEF « Maping Sexuality Education in Europe from a Feminist Perspective » : enjeux et recommandations par Annie-Laurence Godefroy.

 

10h45 – 11h30 : « Déconstruire quelques mythes savants sur la sexualité » par Odile Fillod, chercheuse indépendante en sociologie des sciences et de la vulgarisation scientifique, spécialiste des questions de sexe/genre- Débat avec le public.

Certains mythes savants concernant les aspects biologiques de la sexualité favorisent le maintien d’inégalités d’accès au plaisir sexuel entre femmes et hommes, le harcèlement et les violences sexuelles masculines, le sexisme et l’homophobie, et plus largement la définition de rôles de sexes normatifs. Les déconstruire paraît aussi nécessaire que relativement simple : il suffirait de s’assurer que les adultes qui interviennent en éducation à la sexualité soient informé·es des connaissances scientifiques qui contredisent ces mythes, et qu’elles et ils veillent à les déconstruire auprès des élèves.

11h30 – 11h35: Intermède « Consentement et tasse de thé »

 

11h35 – 12h30 : « Le plaisir féminin » par Brigitte Foulon, Sexologue diplômée de l’Ecole Française de Sexologie, Paris V – Débat avec le public.

Plaisir, vous avez dit plaisir ? Mais qu’est ce donc ? un inconnu, un vague frémissement    dans mon corps,  une douce houle ou un maelström qui me fait perdre pied ?

Tout est possible et rien n’est certain, il faut aller au devant, le chercher, le découvrir et l’apprivoiser

Il n’y a pas d’âge pour ressentir et évoluer dans ce ressenti La découverte et la connaissance de son corps doivent se faire tôt pour être à l’aise dans ses émotions sexuelles et « jouir du plaisir de jouir »

 

12h30 – 14h : Déjeuner libre

 

14h – 14h45 : « Comment l’éducation à la sexualité peut contribuer à faire reculer les violences sexuelles » par Marie-Laure Gamet, …. – Débat avec le public.

 

14h45 – 15h30 : « Ce qui existe et ce qui est en projet » par une professeure de l’académie de Créteil.

 

15h30 – 16h30 : Débat avec le public sur l’ensemble de la journée

 

16h30 -16h45 : Clôture de la formation

 

La formation est gratuite mais l’inscription est obligatoire

par mail formations.clef@gmail.com

par téléphone 01 55 50 45 64

 

Cette formation est assurée par les associations :

« Fédération nationale GAMS Agir contre l’Excision et les Mariages Forcés » http://federationgams.org/   et

« Réussir l’égalité Femmes-Hommes » http://reussirlegalitefh.fr

 

 

 

 


MOOC« Cours en ligne ouverts à tous » Violences faites aux femmes – Inscription à partir du 18 septembre

Nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement du MOOC Violences Faites aux Femmes sur la plateforme française FUN (France Université Numérique), à compter du 18 septembre prochain, auquel le GAMS a participé.

Le cours gratuit est ouvert aux inscriptions du 18 septembre au 30 octobre 2017 ici

Pour découvrir les premières images du MOOC, vous pouvez visionner la vidéo suivante : Teaser du MOOC Violences Faites aux Femmes 

 

Nous vous proposons également de « liker » et de partager la page facebook dédiée à ce MOOC.

 


« Ton sexe, ta liberté » – Voyage au Mali pour prévenir la pratique de l’excision – vacances d’été 2017

Dix élèves de Terminale ST2S1 (bachelières en 2017), résidentes dans des quartiers populaires, suite à la sensibilisation du GAMS et leur travail interdisciplinaire sur l’excision, elles ont souhaité organiser un projet humanitaire sur la sensibilisation aux risques liés aux mutilations sexuelles et des violences faites aux femmes au nom des traditions, au Mali. Après deux ans, le projet a été finalisé, mais seulement pour 4 d’entre elles,  du 19 juillet au 18 août 2017.

Ci-dessous, leur projet en détail :

 

« Ce projet consiste à faire un voyage au Mali, le pays d’origine de la majorité d’entre nous, en vue d’apporter notre contribution à la lutte contre l’excision et les violences liées à la tradition. Nous pensions pouvoir le réaliser en 2016, afin de compléter le projet technologique que nous présentons au baccalauréat cette année.

 

Ayant étudié le thème de l’excision dans le cadre des activité interdisciplinaires, nous avons pu nous familiariser et nous sensibiliser à ce sujet qui nous a fait prendre conscience de notre capacité à poser un problème à caractère sanitaire et social ainsi qu’à l’exploiter. En tant que femmes et en plus de cela femmes plus en risque de subir ces maltraitances, nous sommes d’autant plus touchées face à cet acte visant à priver la femme d’un organe presque vitale, d’une partie de son intégrité physique et de son identité féminine. Petit à petit une idée à germer dans nos esprits qui est donc le « voyage au Mali ».

Au cours de cette expérience, la préparation de l’activité interdisciplinaire, nous avons fait la rencontre d’une professionnelle Mme Nana CAMARA de la Fédération nationale GAMS. Elle nous a accueillis dans les locaux de l’association et a mis tout en œuvre afin d’enrichir nos connaissances sur les violences traditionnelles. Elle nous a entre, autre remis un manuel sur la reproduction avec un additif sur les mutilations génitales féminines (MGF), deux documentaires ainsi que beaucoup de revues.

Elle nous a beaucoup aidé dans l’élaboration de ce projet, au fur à mesure du temps, devenu un combat pour nous.

 

Ce sujet très sensible nous a permis de nous poser de réelles questions sur le monde extérieur et de nous rendre compte de ses atrocités. Cela a été la petite étincelle qui nous a permis d’ouvrir les yeux et de nous interroger sur nos convictions et nos valeurs. Voulant participer à l’abolition de cette pratique, nous avons décidé de faire ce voyage afin de pouvoir intervenir auprès des personnes dans les zones reculées pour les sensibiliser aux graves conséquences de cet acte. Ce n’est non seulement pour nous mais pour un rêve commun : pouvoir aider une cause, pouvoir sauver des jeunes filles qui, elles, risquent de ne pas avoir la même chance que nous d’échapper à cette torture. Nous voulons voir, découvrir d’autres mentalités, de nouveaux savoirs vivres et être, aider, nous rendre utiles pour sauver des petites filles qui pourront construire leur avenir sans subir le calvaire qu’est l’excision et ses conséquences sur la santé mentale et physique. Nous voulons partager notre savoir, notre culture et apporter quelque chose de plus à notre connaissance et à notre humanité. Bref, nous battre pour elles, la génération de demain.

 

Sur place nous travaillerons en collaboration avec l’AMSOPT (Associations Malienne pour la Sensibilisation et l’Orientation des Pratiques Traditionnelles). Nous serons hébergés dans un centre d’hébergement dans la ville de Bamako et dans des familles d’accueil dans le district de Kayes (commune et grande ville située entre les côtes du Sénégal et de la Mauritanie, zone où la pratique de l’excision est à plus de 80%)

 

Durant le voyage, nous réaliserons un film documentaire sur les actions menés ainsi que sur le travail des partenaires sur place.

 

Ce voyage est comme un aboutissement pour nous. Il peut également être source d’inspiration pour les jeunes dans la quête de la réalisation de leurs propres projets pédagogique, leurs propres rêves….

 

Quand on veut on peut ! Et c’est avec motivation qu’on s’adresse à vous. »


« Enfants ou épouses ? Quel statut juridique pour les mineures migrantes victimes de mariage forcé ? »

Kids Empowerment organise une conférence à propos du mariage forcé parmi les enfants migrants qui s’appelle : « Enfants ou épouses ? Quel statut juridique pour les mineures migrantes victimes de mariage forcé ? »

Les conférencier.e.s invité.e.s, dont la Fédération GAMS,  discuteront de la législation et de la réalité des épouses mineures migrantes de nombreux pays, dont la France.

  • Le jeudi 20 juillet, de 14 h 00 à 17 h 00
  • Maison des associations du 7ème arrondissement, 4 rue Amélie, 75007 PARIS

En France, l’excision et le mariage forcé existent aussi

A l’occasion des vacances d’été souvent synonymes de grands voyages, le Secrétariat d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes a lancé une campagne pour sensibiliser le grand public et l’entourage de victimes potentielles sur les risques de mariage forcé et d’excision.

Les grandes vacances sont la période au cours de laquelle les risques de mutilations sexuelles féminines, comme les risques de mariages forcés, sont les plus accrus : sous prétexte d’un voyage dans le pays d’origine de leurs parents, de nombreuses adolescentes peuvent s’en trouver victimes. C’est pour alerter sur ces risques que Marlène Schiappa, la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a choisi de diffuser deux vidéos cet été. Mises en ligne sur les réseaux sociaux et le site institutionnel du secrétariat d’Etat, ces campagnes ont pour objectif de sensibiliser les entourages, les victimes potentielles, et rappeler qu’il existe des solutions d’aide et d’écoute.

La loi protège les enfants, même si l’acte est commis à l’étranger

Ces deux campagnes sont aussi l’occasion de rappeler des chiffres qui interpellent : en France, 3 adolescentes sur 10 dont les parents sont issus de pays pratiquant traditionnellement l’excision sont menacées de mutilations sexuelles, et 53 000 femmes adultes vivant sur le territoire sont excisées. « Bien que le nombre exact de victimes dans le monde ne soit pas connu, au moins 200 millions de femmes et de filles ont subi une mutilation sexuelle dans les 30 pays les plus concernés. Parmi ces victimes, 44 millions sont des filles âgées de moins de 15 ans. La loi française interdit l’excision et protège toutes les filles qui vivent en France, quelle que soit leur nationalité, et quel que soit le territoire où elle est pratiquée », indique le secrétariat d’Etat.

Au niveau pénal, la victime peut porter plainte jusqu’à 20 ans après sa majorité pour condamner ces violences devant la justice française. Quant aux mariages forcés, le secrétariat d’Etat rappelle « qu’en droit français, l’absence de consentement est une cause de nullité du mariage. » Ainsi, le fait de contraindre une personne à se rendre à l’étranger pour l’y marier de force, notamment en lui cachant le vrai motif de son voyage, est un délit passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Pour se renseigner sur les deux sujets ou alerter, il existe le site alerte-excision.org, les numéros de téléphone 119 ou 3919, les antennes du GAMS* ou du Planning familial pour l’excision, et le numéro de « SOS mariage forcé » ou une antenne du GAMS pour les mariages forcés.

*Groupe Femmes pour Abolition Mutilations Sexuelles Féminines et des Mariages Forcés http://federationgams.org/contact/

** 01 30 31 05 05

Source : http://www.parents.fr/actualites/enfant/en-france-lexcision-et-le-mariage-force-existent-aussi-168240


#AlerteExcision – Découvrez notre ambassadrice Diaryatou Bah

Hier soir, à 20h05, le 28 minutes d’Arte a reçu Madame Diaryatou Bah, d’origine Guinéenne. Excisée à 8 ans et mariée de force à 14 ans, elle vit aujourd’hui sur le territoire français qu’elle considère comme une réelle terre d’accueil.

Du traumatisme à l’engagement, Diaryatou Bah est devenue ambassadrice de la campagne #AlerteExcision menée par l’association «Excision parlons-en» et ses partenaires, dont la Fédération nationale GAMS, jusqu’au 30 juin.

Cette campagne de prévention cible les adolescentes qui rentrent au pays d’origine de leurs parents pour les vacances et risquent, pour certaines, alors l’excision

A visionner en cliquant sur le lien Diaryatou BAH – 28 minutes – Arte


Guinée-Conakry : Plus de « 22 % de filles » se marient avant l’âge de 15 ans

Conakry, Guinée : Le mariage précoce, à cause de « pesanteurs culturelles », fait encore des victimes en Guinée où « 22,8% de filles sont déjà en union avant même d’atteindre l’âge de 15 ans », en croire la ministre des Affaires Sociales, de la promotion féminine et de l’Enfance.

Mme Sanaba Kaba a révélé ces statistiques à l’occasion de la Journée internationale de l’Enfant africain, couplée à la campagne nationale de lutte contre le mariage des enfants.

« Selon les résultats de l’enquête MICS 2016, en Guinée, bien que la loi fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les filles et les garçons, 22,8% de filles sont déjà en union avant même d’atteindre l’âge de 15 ans et 54,6% de filles de 18 ans ont déjà contracté le mariage » révèle Mme Sanaba Kaba, Ministre en charge de l’Enfance.

« Le Ministère en charge des questions de l’Enfance perçoit le phénomène du mariage des enfants que certaines pesanteurs culturelles rendent encore tenaces, comme un véritable défi à relever » poursuit-elle ce 16 Juin lors d’une cérémonie officielle au palais du peuple de Conakry.

Le mariage précoce des jeunes filles a des conséquences sur leur santé, leur éducation et leur épanouissement personnel.

En terme de moyens de lutte contre le fléau, Mme le ministre en charge de l’Enfance évoque des mesures telles la révision de la politique nationale de l’enfance avec un plan de mise en œuvre qui s’étend sur 10 ans ;ü la réalisation d’une étude socio anthropologique sur le mariage des enfants ; l’élaboration d’un plan quinquennal de lutte contre le mariage des enfants,  la révision de la loi portant code de l’enfant etc.

« La communauté africaine, célèbre chaque année, le 16 juin, la Journée de l’Enfant Africain, instituée en juillet 1990, à travers la Résolution 1290 de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), aujourd’hui Union Africaine (UA).

Cette journée célèbre la mémoire des écoliers innocents massacrés à SOWETO, en 1976, par le régime raciste de l’apartheid alors au pouvoir en Afrique du Sud. »

Source http://guineetime.com/2017/06/16/guinee-plus-de-22-de-filles-se-marient-lage-de-15-ans-officiel/