La jolie malienne de 31 ans profite de sa notoriété pour s’engager contre cette pratique dont elle a été victime. Le 6 février à New York, elle participera à la journée internationale de tolérance 0 contre les mutilations génitales féminines. Un combat que mène l’artiste, parmi d’autres.

Rencontrée à Mons à l’occasion de ses concerts en Belgique, la chanteuse à qui l’on doit l’album “Tombouctou” révélait les origines de son militantisme : « mon histoire personnelle fait que je me suis engagée dans la lutte contre l’excision vu que je l’ai été moi-même, à l’insu de mes parents. (…) Je milite continuellement contre cet acte dans le sens où j’ai travaillé avec plusieurs associations. J’étais marraine de l’une d’entre elle, Tostan, pendant 4 ans. Et je travaille avec les Nations Unies à New York contre l’excision. D’ailleurs, je pars prendre parole au siège des Nations Unies pour ”La Journée de Tolérance 0 Contre L’excision” en février. Le but de cette journée internationale est de faire des actions concrètes afin que ce rite, qui ne respecte ni le droit à la santé ni le droit à la vie, soit éliminé à 100%.” L’artiste, impliquée dans ces causes, est revenue sur les raisons de son dévouement total.

Avant, vos albums étaient composés de chansons d’amour. Votre dernier album, Motel Bamako, dénonce des faits. Pourquoi êtes-vous plus militante ?

Inna Modja : En fait, je suis militante depuis dix ans mais je ne le montrais pas dans mes chansons. Je lutte continuellement contre l’excision et contre les violences faites aux femmes. Dans mes albums précédents, vu que c’était de la pop, les messages que je passais semblaient plus légers. Mais avec mon nouveau CD, comme je me délivre plus, je parle davantage de mes engagements.

“Quand ton pays est en guerre, tu ne peux pas chanter pas n’importe quoi”

Est-ce que pour vous la musique est vraiment un moyen de véhiculer un message ?

I.M. : Oui, je fais passer des messages qui me tiennent à cœur par la musique. Avant, je racontais un peu les histoires des gens autour de moi. Maintenant, je ressens plus l’envie de faire découvrir ma culture, mon pays, mes combats. Quand ton pays est en guerre, forcément, tu ne peux pas chanter n’importe quoi. Tu as une certaine responsabilité.

Dans votre clip ”Tombouctou”, qui est dédié aux femmes vulnérables, il est mentionné  « En ce moment, les femmes sont une cible facile dans le nord du Mali ». Qu’y subissent-elles ?

I.M. : Ce n’est pas dans le Mali en général, mais dans le nord il y a la guerre. Comme partout dans les pays où c’est le cas, les femmes et les petites filles sont des cibles plus vulnérables. Entre les abus physiques et les abus psychologiques, il y a quelque chose qu’on appelle les viols de guerre, qui touchent les femmes. Elle sont plus fragiles donc j’avais envie d’évoquer leur situation à elles. Il y a beaucoup de femmes réfugiées dans le sud du Mali, au Niger etc. Beaucoup de gens ont dû fuir le nord du Mali à cause de ça. Mais c’est une guerre contre le terrorisme et forcément, la situation des femmes dans ces cas là est vraiment la pire.


Inna Modja est actuellement en tournée en France, du 22 janvier au 30 avril, pour plus d’infos, cliquez ici

 Source Ciné Télé Revue Belgique