L’Essor | Par C. BATHILY

La question de l’abandon de l’excision, répertoriée comme pratique néfaste suscite des débats passionnés, surtout dans les communautés rurales qui opposent une forte résistance aux arguments militant en faveur de son abandon.

Les raisons  qui font que les sociétés traditionnelles dans certaines régions du pays restent très attachées à l’excision, sont  d’ordre culturel, anthropologique, sociologique, psycho-sexuel et religieux.  Or l’ampleur et les conséquences de l’excision sur la santé et le bien-être des filles et des femmes constituent un réel problème de santé publique.

Dans le cercle de Kadiolo, ces dernières années avec l’appui technique et pédagogique des ONG Adico, Plan-Mali et ADAC,  8 villages ont publiquement déclaré l’abandon de la pratique.

Jeudi dernier, c’était le tour des populations du village Katon dans la commune rurale de Dioumaténé et  du village de Kambo dans la commune rurale de Kadiolo, qui ayant compris les méfaits de la pratique de l’excision, ont décidé de rallier le mouvement. Les populations des deux villages ont décidé d’elles-mêmes et en toute connaissance de cause, de manière consensuelle et  collective, d’abandonner l’excision. Katon et Kambo portent à dix le nombre de villages ayant décidé de bannir la pratique.    

La déclaration d’abandon a été faite au cours d’une cérémonie rythmée par des animations folkloriques, et à laquelle ont assisté les autorités coutumières et les élus locaux des communes de Dioumaténé et Kadiolo.  Celles-ci ont salué les efforts du Programme national de lutte contre l’excision et les ONG en faveur de l’abandon de la pratique de l’excision qui nuit gravement à la santé et au bien-être de la fille et de la femme.

Les autorités administratives ont salué le courage des populations et leur sens de responsabilité dans cette prise de décision.    

Selon le coordonnateur de l’ONG ADICO, plusieurs activités ont été réalisées pour amener les deux villages à prendre cette décision courageuse. Il s’agit entre autres des sessions de renforcement de capacités et de campagnes de sensibilisation menées en direction de plusieurs acteurs : les membres des comités villageois et des organisations communautaires de base, les communicateurs traditionnels, les organisations d’enfants, les encadreurs d’enfants, les chefs de villages, les exciseuses, les leaders d’associations de femmes et de jeunes.