Par Sen360 | Fara Scylla | Juin 2016

Depuis hier se tient à Saint-Louis un atelier sur les mutilations sexuelles féminines. Des jeunes, filles et garçons, doivent acquérir, au terme de celui-ci, des compétences additives dans le domaine des réseaux sociaux afin de les utiliser pour dénoncer le phénomène de l’excision.

 

Dans la région nord, les mutilations génitales féminines (MGF) concernent 50 à 55% des femmes vivant dans cette zone. Dans le cadre de la lutte contre le phénomène, depuis hier, un atelier d’initiation à la sensibilisation sur les mutilations génitales féminines via les réseaux sociaux est ouvert à Saint-Louis. Il va durer trois jours. Une quarantaine de jeunes venus des trois départements de la région y prennent part. Malgré les efforts consentis par l’Etat du Sénégal, des années 1970 à ce jour, pour résorber ce fléau, la directrice de la Famille Coumba Thiam Ngom souligne qu’il persiste. “Combattre ce fléau n’est pas chose facile, car on sent qu’il y a des poches de résistance. Il faudra alors revoir les mécanismes pour que l’abandon soit effectif”, préconise-t-elle.

Entre 2000 et 2005, un premier plan d’action a été initié, avec des résultats satisfaisants. De 2008 à 2015, d’autres stratégies ont permis de ramener le taux national de 30 à 25%. Ce qui est une prouesse, selon Mme Ngom. “Mais il faut savoir que, dans certaines régions, le taux est effarant, avec près de 80% ». C’est pourquoi, pense la directrice de la famille, la nouvelle approche consistant à utiliser les réseaux sociaux va permettre aux jeunes de saisir les autorités compétentes sur d’éventuels risques d’excision dans leurs localités respectives.

Elle considère qu’il n’est plus normal que des gens souffrent de cette pratique, même si, pour certains, ces actes sont une norme sociale. Encore que, ajoute-t-elle, « la médecine a beaucoup évolué et qu’aujourd’hui, on se rend compte de plus en plus que l’excision fait d’énormes dégâts sanitaires ». Elle est d’avis que cette pratique est une violation et un non-respect de l’intégrité des jeunes filles. Un avis que partage le gouverneur adjoint en charge du développement de la région de Saint-Louis, Sahite Fall: « L’excision est une pratique ancestrale fortement ancrée dans les réalités de notre pays et d’une région à une autre. Et malheureusement, Saint-Louis arrive en tête ». Il indique également que ce n’est pas facile d’éradiquer le phénomène et qu’il faudrait y aller avec “tact”.

Etant donné que les jeunes font des miracles avec les réseaux sociaux, Sahite Fall souligne que l’occasion leur est donnée de prouver leur savoir-faire, en faisant des signalements, s’ils voient ces actes. L’une des participantes, Dieynaba Diouf, de dire qu’en sus des compétences qu’ils détiennent, cet atelier va leur permettre de jouer pleinement leur rôle. « L’excision a des conséquences sanitaires et psychologiques sur les filles », soutient-elle.