Quatre personnes seront jugées pour la mort d’une adolescente décédée en mai des suites d’une excision, notamment la mère de la victime et le médecin qui avait pratiqué l’opération interdite par la loi, a indiqué jeudi un responsable du parquet.

Mayar Mohamed Moussa, qui était âgée de 17 ans, est décédée fin mai après l’opération effectuée dans un hôpital privé de la province de Suez, dans le nord-est du pays.

L’excision, ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins, est illégale depuis 2008, sauf en cas de “nécessité médicale”, mais reste largement pratiquée en Egypte.

La mère de la victime, la médecin et l’anesthésiste qui ont pratiqué l’opération, ainsi qu’une employée administrative de l’hôpital seront jugées pour “homicide involontaire” et “blessure ayant entraîné la mort”, a indiqué à l’AFP un responsable du parquet de Suez.
Seule la mère de l’adolescente -une infirmière- se trouve derrière les barreaux. Les trois autres accusées sont en fuite, selon le responsable.
La date d’ouverture du procès n’a pas encore été fixée.

Selon les termes de la loi de 2008, pratiquer l’excision –une tradition qui remonte au temps des Pharaons et entend “purifier” les femmes de la tentation sexuelle– est passible de trois mois à deux ans de prison.
L’excision touche 96,6% des Égyptiennes, musulmanes comme chrétiennes, selon une étude menée en 2000 par le bureau gouvernemental de la démographie sur des femmes âgées de 15 à 49 ans.

L’ONG Equality Now, une organisation internationale basée à New York qui lutte contre les violences et les discriminations faites aux femmes, a salué l’annonce du procès, espérant que la médecin fugitive sera interpellée.

“L’Egypte doit adopter une politique de la tolérance zéro pour empêcher l’excision, et cela demande une action rapide contre ceux qui réalisent” ces opérations, a indiqué Suad Abu-Dayyeh, consultante d’Equality Now pour le Moyen-orient et l’Afrique du nord.

En janvier 2015, un médecin égyptien avait été condamné à deux ans et trois mois de prison pour avoir pratiqué une excision mortelle sur une adolescente, le premier verdict du genre depuis l’interdiction de 2008.
Mais en novembre 2015, il s’est avéré qu’il était toujours en fuite, et des ONG l’avaient accusé d’exercer en toute liberté dans le nord du pays, malgré sa condamnation.

Source : L’Orient Le Jour