Une fillette de neuf ans a été excisée illégalement dans une clinique privée, contre sa volonté et celle de sa mère. Les docteurs, le personnel médical et administratif de la clinique peuvent être poursuivis pour avoir nuit à la santé, commis des actes sexuels et procuré des services dangereux dans le but de recevoir un profit financier.

La belle-mère est à l’origine de l’excision

La mère de la victime a affirmé être séparée du père de la fillette depuis longtemps et avoir la garde principale. Le 21 juin 2019, l’ex conjoint de la mère a gardé leur garçon et leur fille pour le week end. Le jour suivant, le garçon a appelé sa mère et lui a dit que sa soeur était rentrée à la maison en larmes, et en sang. Il s’avère que la belle-mère de la fille, la seconde femme de son père, a emmené la petite à la Clinique Aybolit dans la ville de Magas. La gynécologue Izanya Nalgieva a procédé à une excision contre la volonté de la fillette. Sa belle-mère et les employés de la clinique lui tenaient les bras et les jambes. Les adultes présents lui disaient que c’était une procédure banale pour toutes les petites filles, et qu’elle n’allait pas en mourir.

Il n’y avait aucun représentant légal de la fillette au moment de la chirurgie. Personne n’a signé d’accord pour procéder à la chirurgie, le docteur n’avait aucunement le droit de toucher le patient.

Une enquête est en cours

Le 27 juin 2019, la mère de la petite s’est rendue à “l’Investigative Committe Directorate for Chechnya”. Une enquête criminelle fut ouverte contre la gynécologue de la fillette selon l’article 115 du Code criminel.

La gynécologue, une semaine après les faits, a avoué avoir pratiqué l’excision. Néanmoins, un extrait de l’interrogatoire prétend que les parents de l’enfant acceptaient une “incision de la peau au niveau du clitoris”. Plus tard, durant l’interrogatoire, la gynécologue est revenue sur ses propos et a dit qu’elle avait simplement procuré des soins médicaux à la fillette et qu’elle n’avait pratiqué aucune chirurgie : “j’ai lu inattentivement le protocole et j’ai malencontreusement indiqué que le rituel d’excision fut pratiqué. A ce moment-là je n’avais pas mémorisé toutes les informations, parce que je n’avais pas le dossier de la patiente avec moi”, a expliqué la gynécologue.

Le représentant de la clinique, Beslan Matiev, a réfuté toutes les charges et dit que la famille de la fillette voulait simplement se faire de l’argent sur le dos de la clinique, en s’attaquant à sa réputation.

Le procès de la gynécologue Nalgieva a commencé en 2019 et c’est la première fois qu’un cas de mutilation sexuelle féminine se retrouve au tribunal. Le procès est en attente. Le juge a proposé de réconcilier les parties, en vain. L’audience se poursuit malgré la mise en place de mesures restrictives dues au coronavirus.