Article d’une jeune féministe africaine sur l’excision

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Article d’Aïcha Babel SOW, en date du 5 octobre 2016

Publié à sa demande, le 6 octobre 2016

Toute société humaine évolue dans un contexte culturel marqué par un système de valeurs, des pratiques, des habitudes et des perceptions qui régentent son mode de vie. Ainsi, il existe dans toutes les cultures des pratiques célébrant les transitions qui accompagnent les cycles de la vie, perpétuant la cohésion de la communauté ou transmettant les valeurs culturelles aux futures générations. Ces traditions reflètent les normes de responsabilité et de comportement fondées sur l’âge, le sexe et le rang social. Alors que beaucoup de traditions font la promotion de l’unité sociale, d’autres, par contre, affectent la santé physique et psychologique de certains membres de la communauté ainsi que leur intégrité. C’est par exemple, le cas de l’excision où ce sont les femmes et les filles qui sont particulièrement affectées. En effet, elle est définit par l’OMS comme : « toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales ».

Par cette définition, on constate que les organes génitaux mutilés ont été privé de leurs fonctions vitales pour des raisons socioculturelles au détriment de la fille d’aujourd’hui, mère de demain. En effet, les formes de l’excision varient d’une communauté à une autre. Le débat autour de l’excision soulève des passions. Entre ceux qui adoptent une position neutre au nom du respect des traditions et des cultures et ceux qui voient les parents des enfants excisées comme des barbares sanguinaires. Les uns sont qualifiés de culturalistes complices du pire des crimes, les autres d’impérialistes incapables d’appréhender les différences des peuples. Tout fait pratiqué par plusieurs acteurs de la société de manière durable pour consolider un problème déterminé, devient une norme sociale. L’excision est devenue une norme endurcie par les membres de la société qui la pratique. Dans toutes les communautés du monde ou elle est exercée, les familles avancent des arguments à leurs écarts pour légitimer la pratique de l’excision. Ces arguments culturels différent d’une ethnie à une autre, mais parfois, une ressemblance de ceux-ci est visible. C’est pourquoi, dans plusieurs communautés, l’excision est perçue comme le garant de la virginité, de chasteté et de la propreté des filles et des femmes jusqu’au mariage.

Ainsi, l’excision devenue un devoir primordial, est corroborée par les familles pour préserver leur statut social et bénéficier de la solidarité au sein de la société. Certains intellectuels auxquels se joignent certains féministes africains, notamment américains, défendent l’excision au nom du relativisme culturel et de la liberté de culte et remettent en cause la gravité de ses conséquences sur la santé et la sexualité des femmes. La lutte contre l’excision est décrite comme une forme de colonialisme. Ils avancent qu’elle serait l’équivalent d’opérations de chirurgie esthétique pratiquées en Occident, comme la pose d’implants mammaires. Les opposants à l’excision en appellent au respect de l’être humain. En effet, l’excision est une atteinte à l’intégrité physique et morale de la victime de cette pratique.

Les militants contre l’excision mettent en avant, eux, que l’excision est la plupart du temps réalisée de manière forcée. L’excision est une atteinte à la santé de la fillette et de la femme, donc une violence faite au sexe féminin, en ce sens elle n’est pas conforme à l’esprit et à la lettre des divers traités signés par presque tous les pays du monde. A la suite de la conférence de Vienne, en Autriche, l’assemblée générale des Nations Unies a adopté la « Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des Femmes » qui englobe également les pratiques traditionnelles nuisibles à la santé de la femme. De plus, 191 pays ont ratifié la « Convention internationale relative aux Droits de l’enfant » (1990). Bien sûr la ratification de conventions ne va pas du jour au lendemain changer les mentalités, mais elle constitue le premier jalon d’une réforme sociale dans les pays d’Afrique, d’autant plus que les états signataires se sont engagés à prendre des mesures contre « toute forme de violence et atteintes, de brutalités physiques ou mentales.

En outre, la Charte Africaine des Droits de l’Homme stipule dans son article 18 que: « L’Etat a le devoir de veiller à l’élimination de toute discrimination contre la femme et d’assurer la protection des droits de la femme et de l’enfant tels que stipulés dans les déclarations et conventions internationales ». La plupart des pays démocratiques interdisent formellement l’excision au nom du respect des droits de l’Homme, du respect de la personne humaine et de la protection de l’enfance. Ce sont habituellement des femmes qui pratiquent l’intervention, des exciseuses traditionnelles dont le rôle a été transmis par une parente. Elles se servent d’instruments rudimentaires, tels des lames de rasoir, des couteaux ou des ciseaux.

Dans la plupart des cas, l’excision est effectuée sans anesthésie et dans des conditions d’hygiène qui laissent à désirer. On traite la blessure au moyen d’éléments de médecine traditionnelle (compositions à base d’herbes, de cendres, de boue, etc.). En effet, l’excision renferme plusieurs conséquences néfastes telles que Possibilité d’infection par le VIH, Conséquences sur la sexualité ainsi que sur la santé de la reproduction, Conséquences psychologiques (environ le tiers des femmes excisées présentent des symptômes de stress post-traumatique: (dépression, difficulté à se concentrer, irritabilité et sursauts au moindre bruit) sans oublier les souffrances causées par l’excision Historiquement, les jeunes filles étaient généralement excisées entre l’âge de 8 et 14 ans. Aujourd’hui, l’éventail est beaucoup plus vaste. On pratique l’excision sur des nouveau-nées, dans l’enfance, durant l’adolescence, ainsi que sur les mères à la suite de l’accouchement. La réaction de certains montre que des questions cruciales n’ont pas été résolues.

Dans quelle mesure la loi s’accorde- t- elle avec les mentalités des administrés ? Peut- on exiger d’un trait de plume que des populations renoncent à des pratiques ancestrales qui les confortent dans leur mode de pensée ?

 

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5 réponses sur « Article d’une jeune féministe africaine sur l’excision »

L’esclavage était une pratique millénaire et traditionnelle dans l’Antiquité.. sa suppression légale est un progrès pour l’humanité.. il devrait en être de même pour toute pratique mutilante qui attente de façon discriminatoire à la dignité humaine.

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